Ce que prédisent auteurs et éditeurs sur l'avenir du livre

Clément Solym - 24.09.2012

Edition - International - Richard Russo - Waterstones - Matthew Lynn


L'ebook ne nourrit pas seulement le secteur de l'auto-édition, mais également les débats. Accusé de ne diffuser qu'un contenu de maigre qualité et de ne servir que le profit par certains, d'autres considèrent qu'il est salutaire, affectionnant davantage son coût faible et l'émancipation de l'édition.

 

Kobo eReaderKobo eReader, ndh, CC BY-NC 2.0

 

Mais l'écrivain américain Richard Russo, lauréat du prix Pulitzer pour Le déclin de l'empire Whiting paru en 2002, ne l'entend pas de cette oreille. Il aurait interdit à son éditeur de publier son dernier roman en version numérique. « L'ebook constitue une menace pour les librairies et la montée des nouveaux auteurs », déclare-t-il d'après metro.co, ajoutant qu' « Amazon envisage un monde dans lequel il n'y aura pas d'autres libraires ou éditeurs ».

 

Un monde pensé au détriment de la diversité de la culture littéraire, ou plutôt sous l'emprise d'une diversité centralisée. C'est ce qui inquiète également Kathy Lette, l'auteure de The Boy Who Fell To Earth, « La variété est le piment de la littérature » rappellait-t-elle.  Les ebooks comptent seulement pour 6 % des dépenses consacrées aux livres en Grande Bretagne, mais les ventes ont augmenté de plus de 360 % par rapport à l'année dernière, entre les mois de janvier et juin 2012. La valeur des copies imprimées a chuté à 982 millions de livres, quand 985 millions avaient été générées au cours de la même période en 2011.

 

Ainsi, la même question est sur toutes les lèvres : le livre papier deviendra-t-il une cause perdue ? « Même si les ebooks font partie de la plus forte croissance du pays sur le marché, nous croyons que les livres traditionnels sont là pour rester dans le paysage littéraire » déclare Jon Howells de Waterstones.

 

Il donne l'exemple du roman érotique d'E.L James qui a tout d'abord été publié au format numérique avant d'être publié par Random House. Cependant, la semaine dernière, il était encore premier dans le top des téléchargements. Et à Matthew Lynn, le fondateur de la maison d'édition londonienne Endeavour d'ajouter « Qu'il y a beaucoup de gens attachés à la forme, l'objet que représente un livre tout autant voire plus qu'au contenu ».

 

Ainsi, l'attitude de Russo est partagée par beaucoup d'auteurs, mais les débats restent haletants car lors de la dernière conférence internationale du livre numérique tenue à Mexico, on parlait davantage du livre papier comme d'un beau « Souvenir ». (voir notre actualitté)