Célèbre trafiquant de cannabis, Howard Marks, alias « Mr Nice », est mort

Joséphine Leroy - 12.04.2016

Edition - International - Howard Marks - Mr Nice


Howard Marks, surnommé « Mr Nice », est mort ce 10 avril à l’âge de 70 ans des suites d’un cancer de l’intestin. L’ex-trafiquant de cannabis, diplômé d’Oxford, était devenu un auteur de best-seller. Il avait publié une autobiographie qui avait fait grand bruit, disponible en France sous le titre Mr Nice : Une autobiographie, aux éditions Mama éditions, et traduit par Odette Grille et Micha Seeliger-Chatelain. 

 

Howard Marks

(Chris Boland / CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

Né en 1945 en Grande-Bretagne, il avait été diplômé d’Oxford en 1967. Au lieu de faire brillamment carrière dans la légalité, Howard Marks s’est tourné, dans les années 1970, vers le trafic international de drogues (marijuana et haschich). 

 

Le dealer, à l’époque plein de ressources, avait ainsi réussi plusieurs coups magistraux : il avait astucieusement caché du haschich dans les meubles d’un diplomate pakistanais qui déménageait de Londres, facilitant par là le transport de la marchandise. Une autre fois, profitant de la mode, il avait déposé ses stocks dans les bagages de groupes de pop fictifs, soi-disant en tournée aux États-Unis. 

 

Pris au sérieux par les gouvernements, Howard Marks avait été traqué par 14 pays. Fin de cavale pour le dealer, qui avait été condamné à 25 ans de prison et incarcéré pendant sept ans à Terre haute, dans l’Indiana, aux États-Unis. Il en était sorti en 1995. 


L’éditeur James Brown avait contacté Howard Marks au milieu des années 1990, avant sa sortie de prison, pour le convaincre d’écrire. À la suite de l’annonce de sa mort, celui qui était devenu son ami l’a décrit comme « un vrai héros des temps modernes ». Un homme qui avait réussi à faire « énormément de choses drôles, choquantes et illégales », tout en se revendiquant pacifiste. 

 

Les dernières années, le caméléon militait pour la légalisation du cannabis : « Je veux qu’il soit légalisé pour qu’il puisse être utilisé dans un but récréatif — et je suis ravi de voir que ce message est passé dans quatre états américains. Après mon passage entre les mains de la justice américaine, je pensais que ce pays serait le dernier au monde à prendre une telle initiative », s’étonnait-il à l’Observer en janvier.  

 

Dans son autobiographie, il racontait qu’il s’était fabriqué plus de 43 identités, s’était abonné à 89 lignes de téléphone et avait inventé plus de 25 sociétés-écrans. Une histoire digne d’un scénario... finalement écrit pour un film sorti en 2011. Le biopic a été réalisé par Bernard Rose. Mr. Nice y est incarné par l’acteur Rhys Ifans.