Céline : Macron ne croit pas que “nous avons besoin de ces pamphlets”

Antoine Oury - 08.03.2018

Edition - Société - Céline pamphlets - Céline antisémite - Macron pamphlets Céline


Emmanuel Macron a participé, ce mercredi 7 mars, au 33e dîner annuel du CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France, en présence de quelques-uns de ses ministres. Au cours du dîner, comme l'avait annoncé le Conseil, le sujet de la réédition des pamphlets antisémites par les éditions Gallimard a été abordé, et le président de la République a laissé entendre, assez clairement, qu'il n'y était personnellement pas favorable. Mais a affirmé, à l'inverse, qu'il ne fallait pas dissimuler l'écrivain Charles Maurras.


Ouverture des bibliothèques
Emmanuel Macron en février 2018 (photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 


Le Conseil représentatif des institutions juives de France avait préparé le terrain : opposé à la réédition des pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline, ou en tout cas dans les conditions qu'avait évoquées Antoine Gallimard, président de la maison d'édition, le CRIF avait préparé un numéro de ses Études consacré à l'antisémitisme de Céline, qui fut distribué au cours du dîner.

 

« Il n'y a pas dans notre pays de police mémorielle et morale des éditions dans le sens où je dirais “J'interdis la publication de ces écrits” », a précisé Emmanuel Macron au cours du dîner, selon l'AFP. « Je ne vais pas trancher ce débat, mais je veux donner quelques indications », a toutefois ajouté le chef d'État. « Céline avait souhaité que ces écrits ne soient pas republiés, car il en avait en partie honte, [...] nous avons beaucoup d'œuvres de Céline qui permettent de l'enseigner. Je ne crois pas que nous avons besoin de ces pamphlets », a expliqué Emmanuel Macron.

 

Il y a quelques semaines, alors qu'il avait indiqué que le projet de réédition des pamphlets de Céline serait revu et corrigé, Antoine Gallimard avait souligné : « On n'a pas à pousser les éditeurs à s'autocensurer. [...] Il n'y a aucune raison de ne pas publier ces livres, il y a bien pire. Les livres bien pires ce sont les livres insidieux, dans lesquels il y a un antisémitisme rampant, qui ne dit pas son nom. »

 

Le risque du best-seller ?


Emmanuel Macron a réagi au dîner du CRIF après la prise de parole de Serge Klarsfeld, président de l'association Fils et filles de déportés juifs de France : « Les auteurs de textes antijuifs pourraient s'en donner à cœur joie si les pamphlets de Céline étaient réédités et légitimés par un éditeur prestigieux », a expliqué Klarsfeld, qui s'était déjà exprimé contre cette réédition. « Ces pamphlets ont été des best-sellers dans la France de 1938 et risqueraient de le redevenir dans la France d'aujourd'hui », a-t-il ajouté.

 

« Les orphelins des déportés, ceux qui dans leur enfance ont connu et aimé les victimes de la Shoah n'ont pas tous disparu, ils sont encore debout. M. Gallimard, ayez la décence d'attendre notre mort pour tenter à nouveau d'inscrire ces pamphlets dans le catalogue de la Pléiade dont votre grand-père a renvoyé le créateur en application du statut des juifs », a déploré Serge Klarsfeld en faisant référence à Jacques Schiffrin, créateur de La Pléiade, licencié par Gaston Gallimard en novembre 1940 suite à l'entrée en vigueur des lois anti-Juifs en France.

 

Un auteur réclame l'interdiction de “l'interdiction
des livres qui nous déplaisent”

 

Emmanuel Macron a salué l'intervention de Serge Klarsfeld : « Mais vous avez compris, je crois, de quel côté j'inclinais. Ce que vous avez dit tout à l'heure, cher Serge, vaut mieux que toutes les décisions venues d'en haut. »

 

Le président s'est enfin exprimé sur une autre polémique, celle qui concernait les hommages rendus à Charles Maurras, annulés par la ministre de la Culture Françoise Nyssen après les plaintes de nombreuses associations. « Nous devons regarder [la figure de Charles Maurras] comme faisant partie de l'histoire de France, l'occulter c'est vouloir reconstruire une autre forme de refoulé post-mémoriel et post-historique et cela dit quelque chose de nos propres faiblesses », a indiqué Macron.




Commentaires

on comprend mal que personne n'ait protesté contre l'ignominie des propos du triste sbire, là où est question de Maurras : « Nous devons regarder [la figure de Charles Maurras] comme faisant partie de l'histoire de France, l'occulter c'est vouloir reconstruire une autre forme de refoulé post-mémoriel et post-historique et cela dit quelque chose de nos propres faiblesses », a indiqué Macron.



Faut-il répondre à cette fraude grossière ?

Peut-on vraiment la laisser sans réponse ?

Personne à ma connaissance, parmi ceux et celles qu'aura indigné la grossière provoque de la rue de Valois, n'a prétendu qu'il fallait... occulter l'existence de Maurras.



Mais bien entendu le CRIF, que rien ne semble arrêter dans son virage à droite, aura été tout à la joie de voir ici dénoncées "les associations", sic, sans même réaliser que pour nombre de gens ces associations... sont juives : bref le CRIF aura laissé l'intéressé faire mine de désapprouver la nommée Nyssen mais jouer au même petit jeu qu'elle c'est-à-dire exposer à la vindicte de leurs compatriotes, les "Juifs-qui-dictent-leur-loi". Faut plus s'gêner...

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