Censure : des “filles rebelles” qui font peur à la Turquie

Antoine Oury - 08.10.2019

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Le couperet est tombé, en Turquie, où la censure s'applique désormais sur la distribution du livre Histoires du soir pour filles rebelles d'Elena Favilli et Francesca Cavallo, publié dans le pays par l'éditeur Hep Kitap sous le titre Asi Kızlara Uykudan Önce Hikâyeler. Le Conseil turc chargé de la protection des mineurs des publications obscènes a décidé de limiter la vente de l'ouvrage aux individus âgés de plus de 18 ans.

Foire du Livre de Londres 2019
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


La censure a frappé, en Turquie : les auteures du livre Histoires du soir pour filles rebelles, livre qui raconte les destins de 100 femmes, célèbres ou non, ont révélé que l'ouvrage était désormais réservé à la vente aux personnes âgées de 18 ans et plus. « Quand un gouvernement a peur d'un livre pour enfants qui promeut l'égalité, cela signifie que promouvoir ces idées dans la littérature jeunesse peut avoir et a un impact », a expliqué Francesca Cavallo à l'AFP.

Le Conseil turc chargé de la protection des mineurs des publications obscènes a fait part de sa décision dans les derniers jours du mois de septembre, indiquant que « certains des passages du livre auraient une mauvaise influence sur l'esprit de personnes de moins de 18 ans », rapporte l'AFP. L'ouvrage ne doit donc être vendu qu'à des personnes âgées de 18 ans et plus, et sera dissimulé par un plastique opaque dans les magasins.

« Les filles méritent de grandir entourées par plus de modèles féminins. Elles méritent de grandir avec l'idée qu'elles peuvent être ce qu'elles veulent », souligne Francesca Cavallo, qui assure que la censure turque la « motive encore plus pour continuer à me battre tous les jours ».

La Turquie est malheureusement coutumière de la censure depuis quelques années, avec un sursaut provoqué par la tentative de coup d'État raté de juillet 2016 : depuis, le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan a renforcé sa politique de contrôle de la population et des livres, notamment. Ainsi, quelque 300.000 ouvrages ont été détruits depuis juillet 2016, selon les chiffres officiels.
 

Protéger la jeunesse, encore et toujours


Les censeurs ont justifié leur décision par la protection de la jeunesse, un motif récurrent dans l'histoire de l'interdiction des écrits. Aucune information n'a été communiquée quant à la suite de l'ouvrage, publié par le même éditeur turc sous le titre Asi Kızlara Uykudan Önce Hikâyeler-2.

L'ouvrage Histoires du soir pour filles rebelles avait déjà fait l'objet d'une censure partielle, en Russie, en raison des lois homophobes en vigueur dans le pays. L'histoire de Coy Mathis, petite fille transgenre qui, aux États-Unis, s'était vu refuser l'accès aux toilettes des filles de son école, avait disparu de la traduction russe de l'ouvrage.
 
L'association des éditeurs turcs a réagi à la décision du gouvernement en soulignant le « danger du point de vue de la liberté d'expression et de publication et de menace pesant sur les principes d'une société démocratique ».

Contactées par ActuaLitté, les éditions Les Arènes, qui publient l'ouvrage en France, n'ont pas encore donné suite. 
 


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