Censure en bibliothèque : ni idéologie ni croyance ne gouvernent

Nicolas Gary - 29.02.2020

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Tout a démarré presque discrètement à Toulouse, alors que la médiathèque Grand M annulait la venue d’une journaliste et militante. Les camps se renvoyant la balle, ActuaLitté avait enquêté pour comprendre comment un tel marasme s’était instauré. Mais au cœur du conflit, la question de la censure demeure.

Badge L'ABF contre la censure
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

La présidente de l’Association des Bibliothécaires de France, Alice Bernard, avait précédemment répondu à ActuaLitté. Selon elle, si l’annulation d’une animation est motivée par une divergence d’opinions personnelles, alors « on peut effectivement parler de manquement au devoir de neutralité et bien de “censure”, ce qui va à l’encontre de ce que l’ABF défend depuis de nombreuses années ».

Dans un communiqué adressé à la rédaction, l’ABF dépasse le cas toulousain, pour remettre en perspective les fondamentaux du métier. Il est ici reproduit dans son intégralité : 
 

L’actualité remet à l’ordre du jour une question qui n’est pas nouvelle : celle de la responsabilité respective des autorités politiques et administratives, et des bibliothécaires, dans les choix proposés au public. 

Mais au-delà, c’est également la question de la liberté d’expression qui est posée, principe fondateur de la République, et qui ne saurait avoir de borne que par la loi. 

Dans ce contexte, l’ABF estime utile de rappeler quelques notions fondamentales. 

Les professionnel·le·s des bibliothèques ont la responsabilité d’effectuer des choix notamment dans le cadre d’une politique documentaire, collectivement réfléchie, assumée et validée politiquement, et publiée dans ses grands principes. 

Ce faisant, elles·ils veillent aux équilibres de toutes sortes, à l’indispensable pluralisme des goûts, genres et orientations, sans jamais faire prévaloir leurs propres opinions. Ces principes sont indissociables de leur devoir de satisfaire de larges besoins culturels, de connaissance et d’information, et de permettre à chacun·e de se forger un esprit critique. Ils peuvent également s’appliquer aux expositions, activités, événements et rencontres. 

Leur hiérarchie administrative et les autorités responsables, publiques ou privées, politiques ou universitaires, comptables du respect des politiques documentaires rendues publiques, n’ont pas à intervenir directement ni indirectement, pour retirer, interdire ou ajouter des contenus et des titres. 

Les usager·ère·s à titre individuel ou collectif, les groupes de pression de tous ordres, n’ont pas non plus à interdire ou imposer des choix au nom d’une idéologie, d’une croyance ou d’un groupe particulier de la société : la participation des citoyen·ne·s à la vie des bibliothèques ne saurait en faire le lieu d’une lutte des un·e·s contre les autres, ni détourner ce service public du devoir d’ouverture et de pluralisme. 

Ni les bibliothécaires, ni les autorités, ni les usager·ère·s et groupes de pression n’ont à se substituer, de façon ponctuelle ou permanente, à la loi et à la justice pour interdire ou retirer ce qui est déjà paru. 

 
Et l’ABF de renvoyer tout un chacun au Code de déontologie du bibliothécaire, adopté le 23 mars 2003, portant sur les multiples relations avec les usagers, les collections, la tutelle et la profession dans son ensemble. « Le bibliothécaire est d’abord au service des usagers de la bibliothèque. L’accès à l’information et à la lecture étant un droit fondamental, le bibliothécaire s’engage dans ses fonctions à […] permettre un accès à l’information respectant la plus grande ouverture possible, libre, égal et gratuit, sans préjuger de son utilisation ultérieure », peut-on y lire.

Et si cela ne suffisait pas, le Code d’éthique de l’IFLA pourra ajouter aux réflexions et cadres à maintenir pour garantir une libre circulation des idées.


Commentaires
"sans jamais faire prévaloir leurs propres opinions. "

C'est une plaisanterie ecrite en orthographe inclusive !
Conclusion : l'ABF ne dit rien d'utile et pratique. Cette "assoce" n'a pas réfléchi réellement à la question, méconnaît aussi bien les principes (instruction du public) que les aspects pratiques (les livres non achetés ne sont pas présents sans qu'il y ait censure, ils ne sont pas interdits, mais en fait ils ne sont pas présents non plus et l'ABF mélange tout).



Bel enfumage. Ils sont subventionnés, au moins, ces mièvres melliflus ?
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