Ces bibliothécaires qui défendent la vie privée des lecteurs

Julien Helmlinger - 15.09.2014

Edition - Bibliothèques - Droits de l'Homme - Surveillance - espionnage - Données personnelles


Du côté du Massachusetts, des bibliothécaires, partenaires de l'American Civil Liberties Union (ACLU) locale, se mobilisent afin que les clients de leurs établissements de prêt aient une chance d'échapper à l'espionnage massif des citoyens. Une action qui passe par la mise en place d'ateliers en rapport avec la façon dont la liberté d'expression et le droit à la vie privée sont compromis par la surveillance des communications numériques et notamment en ligne. Ils délivrent également des conseils à ceux qui voudraient se protéger dans le cadre de leur activité en bib.

 

 

 

Crédits ACLU 

 

 

La bibliothèque a beau faire partie des institutions portées par des valeurs démocratiques, et notamment par l'ambition de rendre les savoirs accessibles à tous, elle n'échappe pas à la chasse aux données personnelles qui semble désormais viser toutes nos activités numériques. Un certain nombre d'informations sont stockées par des entreprises commerciales désireuses d'affiner leur ciblage marketing, mais elles peuvent également finir ensuite dans le collimateur de gouvernements peu soucieux des droits. 

 

N'importe quelle recherche en ligne peut laisser des traces derrière elle, auxquelles la police, le FBI et d'autres organismes peuvent avoir accès à notre insu. Localisation géographique des usagers, sites consultés, temps de consultation, correspondants de messageries et fichiers téléchargés, aucun élément cité n'y échappe.

 

Dans ce contexte, les bibliothèques ne sont toutefois pas forcées de collaborer avec Big Brother. Alison Macrina, bibliothécaire spécialisée dans les technologies de l'information au sein de la Watertown Free Public Library du Massachusetts, fait partie de ces organisateurs d'ateliers consacrés aux droits à la vie privée. Elle forme ses pairs quant aux tenants et aboutissants de la surveillance à l'ère numérique, et quant aux outils qui permettent d'optimiser la protection des données personnelles des usagers.

 

Par ailleurs, l'American Libraries Association compte le droit à la vie privée au rang de ses piliers fondamentaux depuis 1939, le considérant comme facteur essentiel de la liberté d'expression comme de la liberté intellectuelle. Quand l'International Federation of Library Associations and Institutions compte parmi les signataires des Treize principes sur l'application des droits de l'Homme à la surveillance des communications

 

Les professionnels ayant assisté à ce type d'ateliers commencent à favoriser des outils comme le moteur de recherche Tor sur leurs ordinateurs publics, ceux utilisant Firefox ont ajouté des plug-ins comme Disconnect.me (pour maîtriser la diffusion des informations personnelles) ou bien Ad-Block Plus (pour l'affichage des publicités), quand d'autres se seront laissés séduire par des outils de l'Electronic Frontier Foundation comme HTTPS Everywhere (sécurisation des connexions) et Privacy Badger (bloqueur de mouchards).

 

Désormais, un bon bibliothécaire ne se reconnaît plus seulement par son talent à faire passer les livres et la culture, mais également à sa manière de protéger les droits du citoyen. 

 

Pour plus d'infos sur les outils ou partager vos propres expériences, contacter April, à l'Electronic Frontier Foundation. Pour héberger les ateliers de Macrina, en sa propre bibliothèque, la contacter.

 

(via Boingboing)