Ces écrivains qui délaissent leurs conjoints pour écrire

Clément Solym - 07.11.2012

Edition - International - Ecriture - Ian Rankin - Vie de famille


L'écriture comme activité résolument solitaire, mythe ou réalité ? Miranda Harvey, épouse du prolifique auteur de romans policiers Ian Rankin, a livré quelques révélations intimes au sujet de sa vie de couple à l'occasion d'une récente interview. Le sentiment de l'intéressée confirmerait la légende... les écrivains auraient coutume de reléguer leurs relations avec leurs proches au second plan, tandis qu'ils seraient obnubilés par la création de leurs oeuvres littéraires. 

 

(creative commons) : Carlos Porto

 

 

Certains artisans de la plume se reconnaîtront... ou peut-être que non. Mais l'épouse du romancier, au sujet de l'attitude de son mari lorsqu'il est affairé à son activité d'écriture, a confié : « Il est comme un jeune étudiant. [...] Le rôle de sa famille, principalement, au cours de cette période, tente de sortir d'entre ses pattes ... c'est une manière de rester hors de son chemin alors qu'il est à l'ouvrage. »

 

Comme le rapporte The Telegraph, il y aurait deux sortes d'écrivains : ceux qui tiennent leurs proches à l'écart de leur travail, et ceux qui emporteraient au contraire leur ouvrage hors de leur foyer.

 

Ainsi de nombreux auteurs se sont habitués à travailler, en exil improvisé, dans quelque chambre d'hôtels qu'ils monopolisent parfois des semaines durant.

 

Par ailleurs, il apparaitrait que les meilleurs mariages d'écrivains sont souvent ceux qui les lient à un conjoint d'un autre univers que celui de la littérature, voire avec un partenaire qui s'en soucie comme de sa première chemise. Par exemple la femme de James Joyce, Nora, n'aurait jamais lu un seul des livres de son époux.

 

Une autre stratégie d'auteur résiderait dans le choix des heures de travail, souvent à contre-courant des horaires auxquels d'éventuels intrus seraient susceptibles de venir perturber leur exercice... Certains, à l'instar de Dostoïevski, écrivent au beau milieu de la nuit, tandis que d'autres comme Toni Morrison se mettent à l'ouvrage aux premières lueurs de l'aurore.

 

En conclusion, ce serait tout sauf une sinécure de partager son existence avec ces êtres difficiles à vivre que sont les écrivains.