Ces libraires qui accusaient Amazon et les éditeurs de complot

Clément Solym - 03.04.2013

Edition - Justice - Amazon - éditeurs - complots


Voilà un peu plus d'un mois, trois libraires ont décidé de mener un recours collectif contre Amazon, ainsi que six grands éditeurs. Les libraires attaquaient l'absence d'interopérabilité, espérant probablement renverser l'ordre établi. Mais en toute vraisemblance, non seulement le procès n'aura pas lieu, mais la requête elle-même devrait être renvoyée dans ses six mètres.

 

 

Des librairies menacées, Mr President ?

 

 

La défense a en effet déposé plusieurs requêtes pour rejeter le recours : ce dernier assurait que les grands éditeurs et Amazon avaient conspiré pour vendre des ebooks Kindle truffés de DRM. Une concurrence déloyale considéraient les libraires indépendants, puisqu'il leur est impossible de commercialiser les livres au format Kindle. Ils se retrouvaient donc exclus de fait du marché de l'ebook, alors même que le Kindle compte parmi les appareils les plus populaires.

 

Les considérations n'étaient pas fausses, d'un point de vue moral. Mais au niveau légal, tout cela sentait la confusion à plein nez. Ainsi, les éditeurs ont remis plusieurs documents qui renvoient les plaignants à leurs études : on y trouve définies les notions de DRM, le concept de périphérique propriétaire, et ainsi de suite. 

 

C'est que dans la plainte, on pouvait trouver dans la bouche des libraires l'expression « DRM Open Source », démontrant leur manque de connaissances sur le sujet, et surtout, une faiblesse technique - alors même que l'objet de la plainte portait sur des conditions techniques. Ainsi, les éditeurs ont pu balayer l'idée qu'un accord existe, et plus encore, qu'en découle la création d'un DRM spécifique à l'appareil. 

 

Et de conclure qu'il n'existe aucune preuve montrant que les consommateurs ont été lésés, pas plus que les demandeurs n'ont pu démontrer qu'il y ait un réel effet préjudiciable sur la concurrence, dans l'ensemble du marché évoqué. 

 

« Les plaignants affirment que le défendeur Amazon et chacun des défendeurs ont comploté pour exclure les demandeurs de la vente de livres numériques, mais leur requête est dénuée de toutes les preuves mêmes les plus élémentaires d'une pareille conspiration », conclut le document, cité par Publishers Weekly

 

Au contraire, la plainte des demandeurs admettrait qu'Amazon ait apporté de nombreuses innovations, soit parvenu à faire baisser le prix de vente des livres numériques, mais ait également inspiré une rivalité entre les autres libraires en ligne. « En somme, Amazon n'a pas empêché la concurrence, il l'a promue. »

 

Le juge Red Rakoff a précisé que les deux parties ont jusqu'au 18 avril pour répondre aux différentes requêtes et qu'à compter du 25 avril, les arguments oraux des uns et des autres seront entendus - l'ensemble de l'affaire pourrait alors être expédié fin juillet, selon la décision du juge. Un calendrier serré, évidemment.