Ces personnages qui se font un nom dans le langage courant

Julien Helmlinger - 01.08.2014

Edition - International - Personnages de fiction - Langage courant - Littérature


Il est des personnages de fiction qui marquent fortement l'imaginaire collectif par leur profondeur de caractère. Et si bien que les noms de certains d'entre eux en viennent parfois à obtenir leur place dans les dictionnaires de la langue courante. On s'était déjà penché sur les appellations de troubles psychologiques inspirées par des livres, mais l'inventaire était encore loin d'être exhaustif. Les futurs spéléologues de l'onomastique risquent fort de remonter un jour jusqu'à notre littérature.

 

 

 

Gargantua par Gustave Doré

 

 

Parmi les grands malades de la littérature ayant légué leurs noms à la science, où plutôt à ses syndromes psychologiques, se retrouvaient notamment Alice au Pays des Merveilles, Dorian Gray, le Baron de Münchhausen, Othello ou encore Peter Pan. Mais ces cas ne sont pas isolés. On pourrait encore citer des pathologies baptisées en l'honneur des mythes de la Grèce antique, et autres héritages plus optimistes. Ainsi le terme mentor, a été repris du patronyme d'un conseiller fictif d'Ulysse au cours de son Odyssée.

 

Dans la langue anglaise du 18e siècle, apparut également l'expression Bluebeard, inspiré du Barbe-Bleue de Charles Perrault, et qui allait désigner de manière générale les violenteurs de femmes. Par extension un placard de Barbe-Bleue désigne en la langue de Skakespeare un endroit où quelqu'un semble cacher quelque secret... Perrault a également donné lieu à l'expression peau d'âne, en français, qui désigne une affabulation.

 

La littérature nous en met parfois plein la vue, si bien qu'un coloris ainsi qu'un type de céramique oriental ont hérités tous deux du nom du berger Céladon. Un personnage qui dans le roman pastoral L'Astrée, de Honore d'Urfé, porte toujours des rubans vert. De même, les géants de Rabelais, Gargantua et Grandgousier, ont donné lieu à des définitions à leur démesure. Gargantuesque exprime l'idée d'une forte proportion, quand un Grandgousier désigne quelqu'un capable d'avaler à peu près n'importe quoi.

 

Et le dictionnaire ne s'ouvre pas qu'aux vieux classiques poussiéreux. Les fans de comics et de superhéros connaissent notamment Brainiac, un antagoniste de Superman apparu dans une publication Action Comics de 1958. Le nom du vilain, très intelligent, serait devenu depuis chez les anglophones un surnom courant pour désigner toutes sortes de geeks et d'intellos.

 

Comme quoi le dico est au moins partiellement dû à un véritable patchwork de concepts littéraires. Une pratique qui en anglais pourrait éventuellement être qualifiée par le verbe Frankenstein, un romantique clin d'oeil à Mary Shelley figurant dans le Oxford English Dictionary... 

 

Nous voilà avertis, il faudra faire attention à ce que les noms ne se retournent pas contre leurs auteurs.