Cesare Segre, inestimable philologue et sémioticien italien

Nicolas Gary - 17.03.2014

Edition - International - Cesare Segre - philologue - sémioticien


Né en avril 1928, le philologue italien Cesare Segre est décédé, après avoir passé sa vie entre la critique et l'université. Il était l'un des plus célèbres sémioticiens, spécialiste de l'étude des signes, des symboles et de leur interprétation. À 86 ans, l'homme s'est éteint, rapporte la Repubblica. Il a largement contribué à la diffusion des théories formalistes et structurales en Italie. 

 

 

 

 

« Notre classe politique, qui, par le passé, comptait d'excellents orateurs et conférenciers, tend de plus en plus à abaisser son niveau, parce qu'elle pense gagner plus facilement l'adhésion, en se plaçant à un niveau inférieur », estimait-il. Non sans dénoncer ce que cette manoeuvre pouvait avoir de populiste, et combien les arguments politiques se dégradaient alors. 

 

Né dans une famille juive, Segre a été l'élève de grand nom de la philologie, à l'université de Turin notamment. Il enseignera à Trieste et Pavie, dans les années 60. Rédacteur régulier des pages culturelles du Corriere della sera, il prit part à de nombreuses revues italiennes.

En collaboration avec Carlo Ossola, il a publié une anthologie de la poésie italienne chez Einaudi, ainsi qu'une anthologie scolaire, avec Clelia Martignoni, publiée chez Mondadori, et dont les quatre gros volumes qui embrassent la littérature italienne de Dante à Pasolini sont connus sous le simple nom de Segre-Martignoni. (Wikipedia

 

Il devint académicien de la Crusca en mai 1988, un association académique regroupant quinze linguistes et philologues italiens. On retiendra notamment des éditions critiques des Satires de l'Arioste, mais également de la Chanson de Roland, ou encore du Libro dei vizi e delle virtù de Bono Giamboni et de nombreuses préfaces. 

 

Il est décédé à Milan, ville où il s'était installé, alors que sa compagne, Maria uisa Meneghetti, enseigne également la philologie romane à l'université.