Cesaria Evora, 'voix captivante', pour les générations futures

Clément Solym - 18.12.2011

Edition - International - Cesaria Evora - décès - world music


C'est à l'âge de 70 ans que la chanteuse originaire du Cap-Vert, Cesaria Evora, est décédée, ce samedi 17 décembre. La chanteuse aux pieds nus - on l'avait baptisée ainsi pour son habitude de chanter en concert, sans rien aux pieds - est morte après son hospitalisation sur l'île de Sao Vicente, au Cap Vert. 

 

Voilà une année que la chanteuse avait raccroché, suite à de multiples problèmes de santé, après quatorze albums sortis depuis les années 90. Avec un succès tardif pour cette femme à la voix splendide et de velours, la « diva aux pieds nus » avait conquis un public mondial, avec des sonorités simples et touchantes. 

 

Cesaria avait pourtant commencé sa carrière à l'âge de 20 ans sur des scènes locales avant de rencontrer en 1988 José da Silva, un Français originaire de l'île du Cap Vert, qui la fait chanter pour un disque, alors qu'elle a 47 ans. À ce moment, la world music est dans sa phase de découverte complète, et voilà qu'elle devient l'ambassadrice de ce style musical.

 

José, créateur du label Lusafrica fait d'elle un symbole, et les succès ne cesseront alors pas, avec différentes récompenses musicales, autant que des gratifications officielles. Ceasaria devint ainsi chevalière de l'ordre des Arts et des lettres en 2004 et de la Légion d'honneur en février 2009. 

 

Entre temps, elle sera l'objet de plusieurs ouvrages, signant également en octobre 2009 une autobiographie brillante, Appelez-moi Cize, ensemble de conversations reprises avec Stéphane Boudsocq.


« Elle se remémore ses années d'enfance au Cap-Vert dans les quartiers pauvres de la capitale. Sans fard, elle en évoque les moments difficiles, lorsqu'elle est placée chez des religieuses ou sa relation avec l'alcool. Avec la simplicité qui la caractérise, Cesaria raconte dans ces pages sa carrière musicale, ses succès immenses et sa philosophie d'une vie à la fois riche et simple. »

 

Le secrétaire d'État portugais à la Culture, Francisco José Viegas aura ce simple commentaire : « Avec Cesaria Evora disparaît l'une des voix les plus expressives et originales de la scène musicale mondiale. » Suivi par le président portugais, Anibal Cavaco Silva, qui se souviendra d'elle comme « l'âme du Cap Vert ».

 

« Les artistes et les poètes peuvent disparaître, mais ne meurent pas. Nous allons continuer d'écouter Cesaria jusqu'à la fin de nos jours », ajoutera le secrétaire d'État à la culture, cité par l'AFP. Selon lui, Cesaria conservera cette voix « d'une portée universelle comme le prouve la reconnaissance mondiale qu'elle a obtenue », avec l'assurance qu'elle « restera dans les mémoires des générations futures ».

 

 

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Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a rendu hommage à Cesaria. « Ce n'est pourtant qu'au début des années 90 que le grand public a vraiment découvert cette magnifique chanteuse de l'île de São Vicente, avec son disque Miss Perfumado et le succès de son titre Sodade. Sa voix captivante et envoûtante n'avait plus cessé depuis de conquérir les coeurs. » 

 

« Aujourd'hui, la France partage sa peine avec le Cap-Vert, qui vient de perdre une personnalité majeure de son rayonnement artistique international. »