Cession des librairies Chapitre : Filippetti veut préserver le réseau

Nicolas Gary - 02.10.2013

Edition - Librairies - groupe Actissia - librairies Chapitre - Aurélie Filippetti


L'annonce en début de semaine de la mise en vente de l'ensemble des librairies du réseau Chapitre (société Actissia), a attiré l'attention de la ministre de la Culture. Aurélie Filippetti, dans un communiqué, a tenu à réagir à l'annonce du groupe Actissia, soulignant que le gouvernement « est, évidemment, très attentif à cette situation ». 

 

 

Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Elle rappelle que depuis le mois d'avril, en collaboration avec Sylvia Pinel, ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, les ministères « avaient sollicité la mobilisation des services déconcentrés de l'État et des collectivités locales pour travailler, au cas par cas, aux possibilités de reprise des 12 magasins menacés. C'est dans ce cadre que les accords de reprise ont été trouvés pour les magasins de Dax et de Toulouse ». 

 

Or, le projet de Chapitre est désormais de rendre aux établissements leur indépendance, en faisant cesser « une centralisation forcée », expliquait Michel Rességuier, président des librairies Chapitre, joint par ActuaLitté. « Aujourd'hui, assurer la rentabilité des librairies du réseau ne peut passer que par une indépendance, que ce soit en termes de management, d'animation, vis-à-vis des pouvoirs publics, ou encore de l'accès aux aides de l'ADELC. » 

 

Dans ce contexte, et au regard du nouveau plan, la ministre, sensible au « démantèlement de fait et à sa transformation en réseau de librairies indépendante », a de nouveau sollicité son cabinet et celui de Mme Pinel. Les représentants du personnel seront prochainement reçus, puis la direction de Chapitre « pour faire le point sur la situation et examiner les mesures de nature à préserver ce réseau de librairies et les emplois afférents ». 

 

Puiser dans le fonds d'aides destiné aux librairies indés

 

En effet, pour assurer la cession des établissements, il pourrait être envisageable de puiser dans les fonds présentés au moment du Salon du livre de Paris. Sur les 9 millions d'euros annoncés à l'époque, 4 millions devaient être attribués à l'ADELC, en tant qu'aides à la transmission des établissements, dans le cadre de ventes. 

 

En outre, Vincent Montagne, à l'occasion des Rencontres de la librairie de Bordeaux, avait assuré que le les éditeurs abonderaient également un fonds de 7 millions €, également confiés à l'ADELC, avec entre autres la possibilité de les utiliser pour les ventes et cession. 

 

Didier Grevel, délégué général de l'ADELC, avait expliqué à ActuaLitté, quelques jours après cette annonce que les modalités des interventions sont à définir d'ici 2014 et le déblocage concret du fonds : « On ne va pas révolutionner la façon dont l'ADELC intervient, mais il faudra discuter, au niveau du conseil d'administration, du mode opératoire que nous appliquerons. » Vraisemblablement, les sommes prêtées seraient donc remboursables sur un délai relativement long (les périodes vont de 5 à 8 ans pour les aides actuelles), et à taux zéro, ce que l'on appelle dans le jargon un « apport en compte courant non rémunéré ».

 

Pour Aurélie Filippetti : « Ce plan permettra d'investir, en 2014, 11 M€ de fonds publics supplémentaires, aux côtés des éditeurs, en faveur de la librairie indépendante, pour soutenir leur trésorerie, aider à la reprise de magasins et améliorer la formation des libraires. Avec ces nouveaux outils, et sans exonérer pour autant le groupe Actissia de ses responsabilités économiques et d'employeur, le travail de soutien des pouvoirs publics au maintien de l'activité de librairie, partout où cela est possible, sera poursuivi et intensifié à l'échelle des 57 magasins concernés. »