Décès de la réalisatrice belge Chantal Akerman, et auteure

Victor De Sepausy - 07.10.2015

Edition - Chantal Akerman - réalisatrice décès - Fleur Pellerin


Réalisatrice belge née à Bruxelles, Chantal Akerman est décédée, ce 5 octobre 2015. Actrice, productrice et monteuse elle fut également auteure de plusieurs ouvrages, publiés tant au Mercure de France que chez Arche éditeur. 

 

chantal akerman

Chantal Akerman, DR

 

 

« C’est avec une grande tristesse que j’ai appris la mort de Chantal Akerman. Une figure magistrale du cinéma et de l’art contemporain nous a quittés », annonce la ministre de la Culture. Et dans ses livres, elle parlera de sa mère, une figure qui lui servira à établir son propre portrait, racontant la mémoire des camps de concentration, et l’impossible témoignage de ces horreurs, dans Ma mère rit (octobre 2013).

 

Il y eut également cette autre plongée dans une famille, que l’on devine juive, et vivant à Bruxelles, dont le père vient de mourir. Plus légère, elle publiera une sorte de comédie romantique, Un divan à New York racontant l’histoire d’un psychanalyste et d’une danseuse. 

 

Ou encore, cette pièce de théâtre racontant la rencontre entre un jeune portier algérien, dans un hôtel, qui travaille pour payer son mariage, et une certaine Sophie, qui « vient d’apprendre l’amour dans une chambre d’hôtel », Hall de nuit

 

 

Voici le communiqué de la ministre : 

 

Elle aura donné dès l’âge de dix-huit ans des chefs-d’œuvre d’une beauté plastique et formelle qui ont par la suite influencé de grands cinéastes. Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles, où elle suit en temps réel le quotidien d’une femme contrainte de se prostituer, reste l’un de ses films les plus bouleversants, l’un des plus grands qui aient été donnés à voir sur l’aliénation de la femme.

 

Empruntant par la suite des éléments à la musique, au documentaire ou à la danse – on lui doit d’ailleurs un très beau film sur Pina Bausch – elle a donné d’autres chefs-d’œuvre, tous habités de cette gravité qui la caractérisait, reflet d’une forme d’insurrection intérieure. Chacun de ses documentaires laisse aussi transparaître son souci d’accueillir l’autre, ses émotions et ses paroles – elle qui se définissait comme « une éponge qui écoute de manière flottante ».

 

La réalisatrice de La Captive, qui s’était attelée à l’orée du siècle à l’adaptation si difficile de La Prisonnière de Proust, nous laisse une filmographie qui aura contribué à transformer le cinéma, en brisant notamment les codes traditionnels de la narration.

 

Cinéaste reconnue, elle était aussi une artiste célébrée. Présente dans de très nombreux lieux d’art contemporain, son œuvre avait aussi fait l’objet d’une rétrospective au Centre Pompidou. J’avais eu l’occasion de découvrir avec émotion l’une de ses dernières installations à la Biennale de Venise : Now et ses cinq films projetés simultanément, si prenants et si marquants.

 

Toutes mes pensées vont aujourd’hui à ses proches et à tous ceux qui ont été formés, émus et marqués par son art.




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Pour approfondir

Editeur : Mercure de France
Genre : sociologie faits...
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782715234734

Ma mère rit

de Chantal Akerman

'Au début c'était un cataclysme avec de la brûlure et de l'exaltation. Des mots, toujours les mêmes sans cesse répétés, j'ait fait connaissance avec les mots d'amour d'une langue ancienne. J'ai tant parlé. J'aurais pas dû. Oui, je revivais. J'arrêtais de voir ma mère mourir. J'arrêtais de ne pas vivre. Il y avait de la vie en moi. Toute une vie. Une pleine vie. ' Dans cet autoportrait écrit à vif, dans la brûlure, l'intensité et la crudité du quotidien, Chantal Akerman nous confie pour la première fois la matière même de toute son œuvre, de toute sa vie. Depuis son premier court-métrage à dix-huit ans, Saute ma ville, en 1968, et ses premiers films, Je, tu, il, elle en 1974 ou le film culte Jeanne Dielman, en 1975, avec Delphine Seyrig, jusqu'à son dernier film librement réalisé à partir du roman de Conrad en 2012, La folie Almayer, en passant par ses installations et ses carnets de voyages, films documentaires en Russie, à New York ou dans les pays de l'Est, elle n'a jamais cessé de décrire l'enfermement, la répétition avec l'autre, le désir d'un ailleurs, le vertige de la folie. Ma mère rit est une magnifique plongée dans le cœur, le rire, les joies et les blessures de Chantal Akerman.

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