Chapitre : les salariés dénoncent le nouveau plan social

Antoine Oury - 12.04.2013

Edition - Economie - Chapitre - Actissia - plan social


Ce matin, les salariés des librairies Chapitre attendaient avec anxiété mais détermination les annonces d'un comité d'entreprise extraordinaire, craignant un nouveau plan social pour l'emploi. La direction a présenté ses propres solutions aux problèmes de fréquentation et de trésorerie de la chaîne de magasins, sans convaincre une seule seconde les salariés.

 

 

La librairie Chapitre-Privat, à Lyon

 

 

« Comme vous pouvez l'imaginer, le comité d'entreprise a été un peu tendu », commence David Lucchetti, délégué syndical au sein des librairies Chapitre. « Les annonces faites pendant le comité d'entreprise nous ont donné l'impression que tous les efforts étaient désormais tournés vers France Loisirs, et plus du tout vers Chapitre. »

 

En présence de Jörg Hagen, PDG du groupe Actissia, et du directeur général des librairies Chapitre, Pascal Maume, différentes mesures ont été détaillées devant les employés, rapportées sur le site de la CGT Chapitre :

  • Suppression de 271 emplois;
  • Fermeture de 12 magasins : Lyon, Nancy Saint-Sébastien, Narbonne, Grenoble, Calais , Cannes, Boulogne-sur-mer, Evreux et Dax (les baux des magasins de Belfort, Colmar et Toulouse seront cédés, mais l'activité librairie sera stoppée);
  • Remplacement des magasins de Narbonne, Boulogne-sur-mer, Evreux et Dax par des France Loisirs;
  • 11 implantations de corners Karin Herzog à Perpignan, Tarbes, Lorient, Romans, Nancy Hall du Livre, Montélimar, Rennes, Clermont-Ferrand, Aubenas, Nantes et Douai;
  • 14 implantations de corners France loisirs : Arras, Cherbourg, Dijon, Laval, Limoges, Lorient, Montbéliard, Nevers, Orléans, Perpignan, Reims, Roanne, Saint-Étienne et Tarbes entraînant la fermeture des magasins France Loisirs dans les villes concernées
  • Suppression des rayons disque, DVD, multimédia et presse dans les boutiques de Cherbourg, Besançon, Mulhouse, Dijon,Montbéliard, Nevers, Bergerac, Brive, Forbach, Tours, Limoges et Reims.

 

Parmi les surprises les plus désagréables, les employés ont pu découvrir que le groupe poursuivait mordicus sa politique de diversification, en proposant aux employés des rayons supprimés de s'essayer à la vente de produits cosmétiques, via les corners Karin Herzog, mais aussi de confiseries ou de compléments alimentaires. 

 

« Cela signifie que des disquaires, qui sont généralement des gens passionnés par leur travail, vont devoir vendre des crèmes de beauté, des livres ou de la papeterie pour conserver un emploi », dénonce David Lucchetti. Le manque de cohérence et l'absence de compréhension figurent en tête des reproches faits à la direction : « Aucune étude de marché n'a été réalisée, aucun document n'a été mis en avant lorsque l'on nous a expliqué que les baux ne pouvaient pas être renouvelés car la vente de compléments alimentaires ne faisait pas partie des conditions... »

 

Et l'on s'interroge même, du côté de la CGT, sur la bonne volonté de la direction : « Le maire de Grenoble était prêt à coopérer, et le ministère avait proposé une médiation. Nous avons proposé cette solution à la direction pendant le CE, qui nous a expliqué que le médiateur pourrait intervenir après le plan. »

 

En attendant, les employés ont remis les propositions de la direction au cabinet d'analyse Secafi, qui rendra prochainement ses conclusions. Mais la seule date du prochain comité d'entreprise est déjà une pomme de discorde entre les employés et la direction : les premiers souhaitent une réunion début mai, le temps que Secafi rende ses conclusions, tandis que les seconds préféreraient une réunion aux alentours du 18 avril.