Chapitre, 'mauvaise nouvelle pour l'ensemble du livre en France'

Cécile Mazin - 11.02.2014

Edition - Librairies - Aurélie Filippetti - librairies Chapitre - reprises d'établissements


Dans la journée d'hier, le sort des librairies du réseau Chapitre a définitivement été fixé. 34 des 57 établissements auront finalement trouvé un repreneur, bien que ce chiffre reste « une mauvaise nouvelle pour l'ensemble du livre en France », assure la ministre de la Culture dans un communiqué de presse. Pour autant, elle se félicite « du bilan global de la procédure collective » qui a été mis en oeuvre autour du réseau. 

 

 

Vitrine Gallimard au Hall Du Livre (Nancy), ex-Chapitre

Le hall du livre à Nancy, repris par les éditions Gallimard

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

« Avec près de deux tiers des librairies et des centaines d'emplois sauvés, nous sommes très soulagés, surtout lorsque l'on compare cette situation à celles d'autres réseaux qui ont fermé récemment », expliquait hier Michel Rességuier, Président des librairies Chapitre.

 

« Même si la durée de la procédure collective peut sembler courte, elle a été précédée d'un immense travail, auquel l'ensemble des collaborateurs a participé pendant des mois. Sans ce travail, nous n'aurions probablement pas rassemblé autant de dossiers de reprise en à peine deux mois : Data rooms, business plan de chaque librairie... toutes les équipes des différents sièges et des librairies ont œuvré pendant des semaines pour sauver 34 des 57 librairies du réseau. »

 

Au final, près de 750 emplois auront été sauvegardés, et le président de déplorer que pour le dernier gros tiers des établissements, aucune solution ni projet de reprise convaincant n'ait été apporté. 

 

Pour Aurélie Filippetti, cette troisième vague aura effectivement permis de poursuivre la démarche entamée depuis quelques semaines déjà, et devrait cependant, de par les reprises assurées, assurer « le maintien d'une offre éditoriale élargie dans de nombreuses villes où la librairie Chapitre était le seul ou l'un des seuls points de vente de livres ». 

 

Ainsi, dans les villes suivantes, la librairie Chapitre pourra perdurer :

Angoulême, Annemasse, Antibes, Arras, Bergerac, Besançon, Brive, Chalon-sur-Saône, Châlons-en-Champagne, Cherbourg, Colmar-Ruc, Dax, Grenoble, Toulon - La Garde, Laval, Limoges, Lorient, Mont-Saint-Aignan, Montélimar, Nancy, Nantes, Nevers, Nice, Orléans, Paris, Perpignan, Rennes, Roanne, Saint-Brieuc, Saint-Étienne, Saint-Louis, Sarreguemines, Toulouse.

 

Soulignant la solidarité entre les acteurs du livre, et les services de l'État, mobilisés dès le printemps 2013, la ministre « constate également avec satisfaction la solidarité qui anime les acteurs de la chaîne du livre, 9 magasins ayant été rachetés par des maisons d'édition ». En outre, « 23 magasins recouvrant leur indépendance ont ainsi pu bénéficier du soutien de ces fonds publics, pour des prêts d'un montant avoisinant 3 millions € ».

 

« La décision du tribunal de commerce marque une étape, mais pas la fin de la mobilisation du gouvernement en faveur des employés du groupe Chapitre. 23 librairies ont fermé leurs portes. Quelques reprises partielles sont sans doute encore possibles et doivent pouvoir se concrétiser.

 

En lien avec Michel Sapin, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, et avec Sylvia Pinel, ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, Aurélie Filippetti sera attentive à la situation de l'ensemble des employés du réseau Chapitre qui n'auront pu conserver leur emploi et aux mesures d'accompagnement qui seront proposées dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi », conclut le communiqué de la rue de Valois. 

 

Toutefois, la situation est loin d'être réglée pour tout le monde : la CGT a en effet appelé à une mobilisation et une occupation des locaux, pour obtenir de meilleures conditions de licenciement. « Les stocks de nos magasins sont nos indemnités. Nous, salariés des librairies Chapitre, nous ne sommes pas responsables de ce gâchis. Après toutes ces années, nous ne partirons pas avec le minimum légal », clamait le syndicat. 

 

Et d'appeler, depuis hier soir, « à occuper de façon illimitée leur magasin dès demain soir ; dernier jour d'activité ; jusqu'à l'obtention de garanties d'indemnités décentes ». Les premières tentes ont d'ailleurs fleuri dans les boutiques, à Tours, Montbéliard ou encore Boulogne sur Mer.