Chapitre : passer par la librairie indépendante pour pérenniser l'activité

Nicolas Gary - 01.10.2013

Edition - Librairies - Chapitre - librairies - GIE


L'information communiquée hier par les syndicats a mis un nouveau coup d'éclairage sur les librairies du réseau Chapitre. L'ensemble des établissements vont être mis en vente, rapportait l'AFP. Suite à un comité d'entreprise extraordinaire, les représentants syndicaux apprenaient que la direction projette de vendre les librairies encore dans son giron.

 

 


siège du groupe Actissia

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Pour l'heure, deux établissements ont été signés, et trois autres sont en attente d'une vente imminente, ce qui laisserait 52 librairies pour lesquelles la direction souhaite trouver un repreneur. « Ils veulent que les librairies soient revendues, et ils ne le cachent pas. C'est clair qu'aujourd'hui, tous les magasins sont impactés et que nous avons tous cette épée de Damoclès au-dessus de la tête », affirme Fabrice Eyrauld, délégué CGT. 

 

On parle d'une mauvaise nouvelle, mais dans le même temps, cette décision annule définitivement le PSE qui avait été simplement suspendu début juillet. Sollicitée par ActuaLitté, la direction de Chapitre précise que son travail, au cours des derniers mois, a été de dresser un bilan individuel de la situation des établissements. « Ce ne sont évidemment pas les aides présentées par la ministre ni les éditeurs qui nous en ont convaincus, mais nous pensons que la façon la plus sûre de pérenniser l'activité, c'est de passer par des librairies indépendantes. »

 

Autrement dit, trouver un repreneur pour toutes les librairies, et faire de propositions à de potentiels repreneurs pour chacune. « Aujourd'hui, assurer la rentabilité des librairies du réseau ne peut passer que par une indépendance, que ce soit en termes de management, d'animation, vis-à-vis des pouvoirs publics, ou encore de l'accès aux aides de l'ADELC », ajoute Michel Rességuier, président des librairies Chapitre.

 

La fin d'une centralisation, ou plutôt « la fin d'une centralisation forcée. Selon moi, quoique la décision reviendra aux repreneurs, il ne sera pas possible de s'offrir certaines fonctions individuellement. Cela pourra passer par la création d'un Groupement d'Intérêt économique, afin de mutualiser des opérations ». On pense à des campagnes de communications, ou la possibilité de créer des événements et de les déplacer d'une librairie à une autre. « La librairie est un lieu légitime du fait qu'elle offre une vie pour les livres et les auteurs. C'est vers cela qu'il faut tendre, même si l'animation ne fait pas le seul succès d'un établissement. »

 

Créer des temps forts et les partager entre les librairies du réseau, certes, mais avant toute chose, trouver les repreneurs qui seront intéressés. « Nous avons réalisé un business plan pour chaque librairie, et déterminé quels étaient ses atouts et ses faiblesses. Nous pouvons collaborer au mieux avec un repreneur, et pour ce faire nous nous sommes donnés un an. C'est un délai suffisant. » 

 

A la fin de l'année, eh bien, on verra ce qu'il faut faire avec les librairies qui n'auront pas trouvé chaussure à leur pied. La solution du dépôt de bilan n'est pas exclue, bien entendu.