Charles Bronson derrière l'écran de ses silences

Antoine Oury - 01.09.2016

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Le meilleur acteur est peut-être celui qui fait plus d'effet qu'un autre sans même prononcer un mot. Dans cette catégorie, Charles Bronson est un monstre. Un monstre sacré, comme il fut rapidement surnommé en France. En Italie, on l'appelait Il Brutto, au Royaume-Uni, The Ugly One : devant tous ces surnoms, l'acteur restait sûrement impassible. 

 

Charles Bronson, à l'écran

 

 

Avant d'être le flingueur ou le justicier dans la ville, Charles Bronson fut le onzième enfant dans sa famille : autant dire que les repas devaient être animés, et le droit à la parole rare. D'origine ouvrière, Bronson — ou plutôt Charles Buchinsky — prend rapidement le chemin de la mine, pour un travail ingrat et difficile : c'est sans regret qu'il s'engage dans l'armée américaine au cours de la Seconde Guerre mondiale.

 

La guerre terminée, c'est celle de Bronson qui commence : il faudra se battre pour choisir une voie artistique, avec l'apprentissage du dessin, puis le théâtre, la comédie et le cinéma. Comme un autre taiseux, Schwarzenegger, Charles Bronson est précédé de son physique lorsqu'il approche Hollywood, à l'aube des années 1950. Rapidement, il devra changer de nom, le sien ayant des consonances trop soviétiques pour l'Amérique de McCarthy.

 

Il était une fois dans l'Ouest (1968)

 

 

Charles Bronson est lituano-polonais, ses ancêtres sont Tartares : ses origines seront à la fois une chance et une petite malédiction, car l'acteur se retrouve cantonné à des rôles secondaires, des Mexicains ou des « Indiens », qui traversent, souvent avec une issue tragique, les westerns de l'époque. En incarnant des Amérindiens, il apprend peut-être à la maîtrise du silence de ce peuple qui communique avec des signaux de fumée...

 

Cette filmographie un peu limitée sera bien aidée par les films de John Sturges, Samuel Fuller et Robert Aldrich, mais c'est l'Europe qui fera entrer Bronson en Amérique : les films de Sergio Leone, Henri Verneuil et René Clément, mais surtout Adieu l'ami (1968) de Jean Herman, où il fait face à Alain Delon, lui permettent de rentrer au pays auréolé d'une gloire inespérée. 

 

Avec Alain Delon dans Adieu l'ami

 

 

La suite de la carrière, on la connaît mieux, et encore : il y a tous ces succès, ces rôles virils parfois à la limite de la caricature, mais aussi un parcours cathodique particulièrement riche. En 4 décennies, Bronson aurait accumulé plus de 150 rôles à la télévision... L'acteur, aux États-Unis, n'est alors plus seulement le visage du mexicain des Sept Mercenaires, il porte des traits familiers, qui s'imposent même lorsque le son de la télévision est coupé...

 

Cette expérience, Arnaud Sagnard l'a vécu : le silence de Charles Bronson l'a marqué, l'a rapproché de cet acteur dont le physique aurait pu faire sa carrière comme la défaire. Dans Bronson, son premier roman, il analyse cette étrange proximité avec l'homme au sourire de granit...

 


Pour approfondir

Editeur : Stock
Genre : litterature...
Total pages : 272
Traducteur :
ISBN : 9782234081093

Bronson

de Sagnard, Arnaud(Auteur)

" Je n'aurais pas dû regarder cette vieille série B avec Charles Bronson.  A l'écran, un homme prépare un attentat dans une chambre d'hôtel minable. Longtemps, il observe par la fenêtre l'appartement qu'il fera sauter à la nuit tombée. Un quart d'heure passe sans qu'un mot soit prononcé.  Ce quart d'heure a occupé les dernières années de ma vie. Cinq ans à tenter de comprendre comment cet acteur "au sourire de pierre" pouvait produire un tel silence. Pourquoi ce film m'obsède-t-il autant ? Pourquoi creuser dans la carapace d'une

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