Charles Clover dénonce la surpêche

Clément Solym - 24.04.2008

Edition - Les maisons - Charles - Clover - Surpêche


Surpêche, L’océan en voie d’épuisement, écrit par le journaliste et rédacteur en chef au Daily Telegraph a été préfacé par Charles Braine, chargé de programme Pêche au WWF-France. Ce livre était paru en 2004 en Engleterre sous le titre : The End of the line : How Over-fishing Is Changing the World and What We Eat.

Pour une pêche mesurée et une consommation responsable :

Il devient nécessaire de prendre conscience de l’état actuel de nos océans. La pêche moderne a conduit, en cinquante ans, à la disparition de 90% de la biomasse des grands prédateurs océaniques (thons, baleines, requins…).

Dans son ouvrage, Charles Clover révèle la tragédie silencieuse qui se déroule dans tous les océans du globe. Il questionne également les scientifiques sur les effets dévastateurs de la surpêche, l’ampleur et l’urgence de ce problème.

Face à la menace d’extinction qui pèse sur certaines espèces, comme le thon rouge et le cabillaud, Charles Clover appelle pêcheurs, politiques, citoyens et consommateurs à se mobiliser sans attendre.

Bien choisir le poisson que l’on consomme, demander des comptes sur son origine et la façon dont il a été pêché constituent le premier pas. Créer des réserves marines permettant aux espèces de se régénérer et enfin moderniser les législations nationales, européennes et internationales assureraient une gestion durable des océans.

« A l’heure où l’homme a pris conscience de l’importance du développement durable, il serait inconscient de ne pas réagir. Il faut que la pêche se réforme. Cependant, certains professionnels, comme en France les pêcheurs de langoustines du golfe de Gascogne, ont pris ce problème à bras-le-corps et montrent le chemin à suivre » déclare Charles Braine dans sa préface.

Charles Clover tire la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard :

Le livre de Charles Clover, The End of the line : How Over-fishing Is Changing the World and What We Eat (La Fin de la ligne : comment la surpêche change le monde et ce que nous mangeons) sorti en juillet 2004 en Angleterre et lauréat de nombreux prix, dénonce l’absence de gestion et la prolifération de techniques de pêche préjudiciables à l’environnement afin de satisfaire la consommation mondiale.

En parallèle, WWF France a édité un petit guide en partenariat avec le Marine Stewartship Council (MSC), organisation internationale indépendante ayant développé un programme d’éco-étiquetage pour la pêcherie durable. Sur le site de l'association vous pourrez retrouver des informations pour pratiquer une consommation plus raisonnées des poissons.

Il est ainsi préférable d’éviter de consommer l’anguille ou le thon rouge. En revanche, on peut privilégier le cabillaud du Pacifique ou le hareng. On dégustera avec modération le bar d’élevage qui n’est donc pas une espèce en voie de disparition. Mais l’aquaculture n’est pas la solution à la surexploitation des océans.

L’aquaculture n’est pas toujours la meilleure solution :

« Les grands poissons issus de l’aquaculture ce sont majoritairement le bar la daurade et le saumon. Ces trois poissons sont carnivores. Pour les nourrir on leur fournit du poisson, sous la forme de farine ou d’huile. Pour produire un kilo de saumon d’élevage par exemple, on va lui donner à manger 4 kilo de poissons sauvages. Donc aujourd’hui les poissons couramment consommés en France ne sont pas la solution », résume Charles Braine.

A quand des élevages de poissons omnivores capables de grandir en consommant des végétaux ? Il existe quelques espèces mais elles sont encore boudées par les consommateurs. Poissons pêcheurs même combat plaide le WWF : la pêche fait vivre 200 millions de personnes dans le monde.

Alors que 75% des stocks de poissons sont surpêchés ou menacés de surpêche. Avec un gâchis incroyable : 30% des prises sont rejetées à la mer. Parce que leur valeur commerciale est moindre, parce que le navire ne ciblait pas cette espèce. Mais il arrivera un jour où la quête des derniers spécimens coutera bien trop cher. Il restera sans doute quelques poissons dans la mer mais il n’y aura plus de pêcheurs sur terre.

Surpêche, L’océan en voie d’épuisement
de Charles Clover est paru aux éditions Demopolis. 250 pages. 22 €