Charles Najman, auteur d'Haïti, Dieu seul me voit, est décédé

Orianne Vialo - 22.07.2016

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Charles Najman, auteur et réalisateur français, s’est éteint le 18 juillet dernier, à l’âge de 60 ans à son domicile de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), rapporte l'AFP. Il était l’auteur du film Royal Bonbon, première fiction entièrement tournée à Haïti, racontant l’histoire d’un vagabond parcourant les rues en rêvant à un royaume imaginaire. Ce film avait d’ailleurs été récompensé par le Prix Jean-Vigo, qui distingue chaque année un réalisateur français pour l'indépendance de son esprit et la qualité de sa réalisation.

 

 

 

Affectionnant les lettres dès son plus jeune âge, Charles Najman s’est tourné vers des études de philosophie à l’université, avant de poursuivre avec l’écriture puis le cinéma. Issu d'une famille juive polonaise et fils de déportés, Charles Najman a essentiellement axé son oeuvre sur Haïti et la mémoire de la Shoah. Il coécrit son premier ouvrage La police des images avec l'auteur Nicolas Tourlière  en 1980, publié chez Encre édition. En 1995, il sort son second manuscrit, qu’il écrit seul cette fois-ci. 

 

Dans ce récit intitulé Haïti, Dieu seul me voit (éd. Balland), l’auteur a « tenté de saisir plus profondément l’âme haïtienne » et a « découvert en Haïti l’ombre portée à [s]on identité juive, qui est, une tentative perpétuelle de se voir du dehors, une tendance à se démettre de soi-même ; une volonté de se regarder avec les yeux des autres ; un désir de se défaire des liens terre-à-terre, de s’arracher aux choses tangibles » avait-il raconté dans le magazine Africulture de janvier-mars 2004.

 

En 1996, il se reconvertit au cinéma avec La mémoire est-elle soluble dans l’eau ?, un long-métrage où le réalisateur met en lumière l’après-guerre, au moment où le gouvernement allemand décide d’indemniser les juifs rescapés des camps de concentration en leur offrant une cure thermale tous les deux ans. Il réalise aussi Les Illuminations de Mme Nerval en 1999, Haïti : la fin des chimères en 2004 et Pitchipoï en 2015, son dernier film, sur les angoisses de l’héritage culturel et la mémoire juive.