Charlie, 50 ans de chocolaterie et un golden ticket pour la controverse

Julien Helmlinger - 09.08.2014

Edition - Les maisons - Charlie Chocolaterie - Roald Dahl - couverture édition


La couverture d'une nouvelle édition du Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl, publiée outre-Manche dans la collection Penguin Modern Classics, suscite actuellement la controverse : la jeune fille aux allures de poupée qui en est l'illustration principale, vêtue d'un manteau de fourrure rose et maquillée, serait trop sexuée. Sans compter qu'elle a comme un petit air de ressemblance avec les personnages en plastique d'une récente publicité d'Ikea. 

 

 

 

 

Sur les réseaux, l'aspect graphique de la publication ne fait pas l'unanimité. Certains le décrivent comme « Terrifiant ! », « horrible couverture », « sinistre », auraient « préféré ne pas voir ça », d'autres au contraire ont partagé le point de vue opposé. Et l'éditeur se défend. Il précise que son édition s'adresse avant tout à un public adulte, contrairement à d'autres auparavant, mais certains libraires indépendants ont refusé de commercialiser l'ouvrage. Chez Warwick Books ou encore Kenilworth Books, notamment. 

 

La réception du livre serait donc mitigée. Helen Conford, directrice de la publication chez Penguin Press, explique que le choix de couverture est délibéré. Selon elle, il s'agissait justement de s'éloigner du registre graphique des versions enfantines toutes mignonnes illustrées par Quentin Blake. Cette année l'on célèbre justement le cinquantenaire de la publication de la première édition de Charlie et la chocolaterie. 

 

Certains lecteurs voient plusieurs sens de lecture dans l'oeuvre jeunesse de l'ancien pilote de chasse de l'Escadrille 80, qui évoque notamment la thématique des vices. Les critiques ne comprennent pas pourquoi l'on aurait besoin de rompre avec le côté édulcoré de l'histoire pour enfants en le remplaçant par quelque chose d'"étrange".

 

En revanche Helen Conford nie toute volonté de sexualiser la fillette en couverture. La directrice de publication soutient : « C'est un style complètement différent et il y a un élément de fantasy ici. Nous voulions quelque chose qui était évocateur des autres qualités du livre... C'est une histoire d'enfants qui peut également sortir du registre enfantin, et les gens n'ont pas l'habitude de voir Roald Dahl de cette manière. »

 

Du côté de la maison d'édition la volonté n'était donc visiblement pas de choquer, mais comme le souligne le blog de Penguin, de « mettre en évidence la façon dont l'écriture de Roald Dahl tend à embrasser à la fois la lumière et les aspects sombres de la vie ». 

 

L'auteure Lucy Coats estime quant à elle que la photo aurait de quoi se « faire hérisser le poil des féministes ». Elle ajoute : « Ma première réaction a été de me dire que c'était une couverture pour Lolita. C'est sexualisé et cela n'a rien à voir avec le livre. »

 

Quoi qu'il en soit, le teasing lancé ce mercredi via Twitter par la maison Penguin aura fait son effet. L'image sans son titre était accompagnée de la mention "devinerez-vous de quel conte goûteux il s'agit ?