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Charlie Hebdo incendié : plus de journal, mais Charb ne renonce pas

Clément Solym - 02.11.2011

Edition - Société - Charlie Hebdo - incendie - cocktail Molotov


L'incendie déclenché dans les locaux du journal satirique Charlie Hebdo serait donc bien d'origine criminelle. Durant la nuit dernière, un cocktail Molotov est arrivé dans la rédaction, fait fondre tout ce qui était de plastique, et ruinant l'ensemble du matériel...


Au 62 boulevard Davout, c'est la cohue : si aucun blessé n'est à déplorer, la rédaction est réduite à l'état de cendres. « On n'a plus de journal », explique simplement le rédacteur en chef, Charb, qui pour cette édition, rebaptisée Charia Hebdo, avait été remplacé par Mahomet.

 

Une provocation qui ne serait pas passée, manifestement, et avait déjà fait gronder les réseaux sociaux, dès lors que l'on avait découvert la future Une du journal. Entre temps, le site internet, comme nous l'avions rapporté, a été piraté, et renvoyait vers un site islamiste.

 

Mais interrogé par France Info, Charb ne baisse pas les bras : « On ne sait pas comment on va se débrouiller, mais on le fera. Il n'est pas question de renoncer suite à ce genre de violence. » Pour l'heure, le deuxième district de la police judiciaire a l'affaire entre les mains.

 

 

Jean-François Copé, cité par l'AFP, condamne évidemment cet acte de vandalisme - puérile, et merdique, n'ayons pas peur des mots - estimant que « les amalgames entre la politique et la religion sont les pires qu'ils soient ».

 

Évidemment. Le secrétaire général de l'UMP souligne également « combien il est nécessaire que tous autant que nous sommes et quelles que soient nos sensibilités, nous condamnions avec la plus grande force ce qui n'est rien d'autre qu'un attentat, contre un journal, dans un pays qui doit incarner la liberté d'expression c'est-à-dire la France ».

 

De son côté, le maire de Paris s'est engagé à aider la rédaction à retrouver des locaux, révolté de cette violence. « On peut ne pas être d'accord avec le numéro de Charlie Hebdo aujourd'hui, mais nous sommes dans une société qui a besoin de liberté d'expression, et tout acte violent pour mettre en cause cette liberté doit être condamné avec la dernière fermeté. C'est absolument inadmissible », expliquait-il à RMC.

 

Le droit de la presse, certes, à user de sa liberté d'expression, est encore à défendre. Et plus que jamais.

 

Moralité : ce matin, achetez Charlie !