Chatel réduit le nombre de professeurs des écoles pour 2011

Clément Solym - 27.04.2011

Edition - Société - chatel - poste - enseignant


Si « l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, la formation professionnelle et à la culture » est garanti par la Constitution, l'action politique, dans le domaine de l'éducation comme ailleurs, est de plus en plus dictée par les contraintes budgétaires.

Luc Chatel, le ministre de l’Éducation nationale, comptera environ 1 500 classes en moins à la rentrée prochaine à l'école primaire.

Moins de professeurs, objectifs identiques


Cette action entre dans le cadre de la modernisation de l’État, dont l'un des objectifs est de maîtriser les dépenses publiques. Dans un entretien réalisé par Jean-Jacques Bourdin, le ministre n'a pas contesté la suppression de presque 9 000 postes de professeur des écoles. Comme 4 900 élèves supplémentaires sont attendus, l'effectif par classe sera plus élevé.


Mais moins qu'il y a quinze ans, selon Luc Chatel, lequel estime qu'il y aura « vingt-cinq élèves par classe en maternelle et vingt-deux » à l'école élémentaire à la rentrée. Toutefois, il restera 245 000 classes : « Ce sera sensiblement le même chiffre qu'il y a quatre ou cinq ans. » (via RMC) Pour Luc Chatel, la politique consistant à « augmenter les moyens » et à « créer des postes » ne répondrait pas aux problématiques éducatives.

L'enseignement, que Luc Chatel qualifie de « métier formidable et ô combien difficile », devra continuer à « s'adapter à la diversité des élèves ». Le professeur des écoles poursuivra le « repérage des élèves qui ont des difficultés et ceux qui ont du potentiel, afin d'apporter des remédiations très tôt », et la réalisation des « projets d'aide personnalisée pour répondre aux difficultés de lecture. »

Le MoDem s'indigne


La sénatrice du MoDem Jacqueline Gourault a protesté contre cette mesure. Elle évalue à 50 000 le nombre de postes supprimés depuis 2007 ; en 2011, il y aurait 16 000 postes d'enseignants en moins à la rentrée, dont « 9 000 dans le primaire, et 4 800 dans le secondaire.» Les « quatre cents millions d'économies ainsi réalisées depuis 2007 » seraient dérisoires et nuiraient à « l'apprentissage des fondamentaux ».

Cette action conduirait à la fermeture d'écoles en milieu rural. Après avoir critiqué le nouveau mode universitaire de formation des enseignants, elle s'est ensuite prononcée pour la « sanctuarisation » du budget dans l’Éducation nationale : « C'est l'avenir d'une nation qui est en jeu. » 


 
Les chiffres officiels

En 2006, la dépense globale d'éducation représentait 6,8 % du produit intérieur brut. Le budget 2010 du ministère de l'Éducation nationale est de 60,8 milliards d'euros : 17,6 milliards sont attribués à l'enseignement scolaire public du premier degré, 29 milliards à l'enseignement scolaire public du second degré et 7 milliards à l'enseignement privé.

« La part des dépenses publiques d'éducation dans les dépenses publiques totales est inférieure à la moyenne des pays de l'organisation de coopération et de développement économiques. » (Site du ministère)