Chen Wei et Chen Xi, deux auteurs chinois emprisonnés

Clément Solym - 29.12.2011

Edition - International - Chine - prison - auteur


C'est le centre américain PEN qui vient de dénoncer l'incarcération de deux romanciers chinois, suite à une condamnation appliquée durant les vacances. Les deux hommes avaient publié des essais en version numérique, critiquant le système politique du pays et les activités du gouvernement.

 

Selon les chefs d'inculpation, Wei a pris onze ans pour incitation à la subversion, quand Xi écope d'une peine de 10 années pour les mêmes motifs.

 

Pour le président du PEN, Kwame Anthony Appiah, il s'agit là d'une démonstration supplémentaire des craintes du régime chinois de voir l'émergence d'une pensée libre. « Nous saluons le courage extraordinaire de ces Chinois qui, comme Chen Wei et Chen Xi ou Liu Xiaobo, aiment suffisamment leur pays pour courir le risque d'une incarcération longue, pour avoir dénoncé un gouvernement qui trahit les espoirs du peuple chinois chaque jour. »

 

Le tribunal populaire de Guiyang n'aura rien voulu savoir de la défense inexistante pour les deux hommes. Pour les quelque trente essais que les écrivains ont diffusé sur la toile, le juge a considéré qu'il fallait une peine exemplaire contre « un crime majeur », rapporte Zhang Qunxuan, la femme de Chen Xi, présente durant l'audience. En outre, ce dernier, considéré comme récidiviste, a écopé d'une peine plus lourde.

 

Toutes les tentatives de défense de l'avocat ont été ignorées, explique-t-elle, et les deux hommes, plaidant leur innocence, ont assuré qu'ils ne feraient pas appel. Chen Wei et Chen Xi avaient tous deux signé la Charte 08, un manifeste signé par 303 intellectuels, pour promouvoir un mouvement démocratique dans le pays. Et le premier avait également pris part aux mouvements étudiants de 1989 - de là, la récidive. 

 

Cette condamnation tend à démontrer également la nervosité de Pékin sur toute forme de critique, qui a conduit à mettre en place des contrôles de plus en plus stricts. Le diplomate allemand, en poste à Beijing, Markus Ederer, a expliqué combien son pays était « profondément préoccupé » concernant la peine de Chen Wei.

 

« L'Union européenne soutient fermement la liberté d'expression, comme un droit humain universel et nous encourageons le débat politique plutôt que le recours au droit pénal comme un moyen pour résoudre les divergences d'opinions politiques. »

 

La commissaire pour les Droits de l'Homme aux Nations Unies, Navi Pillay, déplore ce comportement de la part des autorités chinoises et les appelle à « libérer toute personne détenue pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression ».