Chez Zola, François Hollande endosse la redingote présidentielle

Julien Helmlinger - 03.10.2016

Edition - Société - François Hollande - Emile Zola - Politique


Ce dimanche 2 octobre François Hollande a visité la résidence d'Emile Zola, à Médan dans les Yvelines, où l'auteur a notamment écrit Germinal. Rendant hommage à l'écrivain et journaliste politique, quelques jours après avoir salué la mémoire des mineurs de 1948, le président recommande au peuple de « ne pas s'abandonner à la facilité » et d'aller « jusqu'au bout ». Ce qui laisse deviner qu'il sera candidat à l'élection de 2017.

 

Avec l'homme d'affaires Pierre Bergé

 

 

 

Le président de la République et sa ministre de la Culture étaient à Médan pour la réouverture de la maison après 5 années de rénovation. Il a déclamé « Voilà notre responsabilité face à l'Histoire: ne pas s'abandonner à la fatalité, à la facilité, avoir le courage de faire le choix juste, qui n'est pas toujours le plus populaire ou le plus gratifiant, et ensuite assumer, tenir, aller jusqu'au bout de sa lutte, même si comme pour Zola, nous n'en verrons pas le bout. »

 

L'écrivain fut en son temps contraint à l'exil par crainte d'emprisonnement, suite à sa prise de position quant à l'Affaire Dreyfus, publiée via son brûlot J'accuse, dans le journal L'Aurore du 13 janvier 1898. A Londres il attendit près d'un an la révision de son procès avant de regagner la France. La Maison Zola quant à elle doit consacrer un musée au Capitaine Dreyfus, projet porté par Pierre Bergé.

 

« Face aux plus grande adversités, il y a toujours un choix », estime le président. « Voulons-nous encore une République de justice qui ouvre des chances égales pour tous ou sommes-nous prêts pour les régressions, les reniements au nom d'une restauration d'un ordre ancien ? Voulons-nous une société dont la sécurité serait fondée sur l'extension sans fin d'un régime d'exception, plutôt que sur l'adhésion consentie à nos institutions et à nos règles ? »

 

François Hollande a dressé son tableau d'une « époque comme la nôtre, où le terrorisme alimente les peurs, où le fanatisme provoque l'intolérance, où les risques stimulent les tentations de repli », invitant à « l'engagement des citoyens qui n'acceptent et n'accepteront jamais le mensonge, la falsification, la manipulation, la racisme, l'antisémitisme » face aux démagogues. 

 

« Car céder sur la vérité, c'est commencer le long détricotage des habits de la République. On tire un fil et ensuite c'est toute la redingote qui y passe », a-t-il imagé, ajoutant que « même dans la nuit la plus sombre luit toujours une espérance, même dans l'engrenage d'une machinerie infernale, il suffit d'une voix, une seule, pour changer le cours et le destin des hommes. Voilà la leçon de Zola ».

 


Discours à l'occasion du Pèlerinage littéraire... par elysee