Chiffrer les bénéfices d'une bibliothèque : méthode complète

Antoine Oury - 21.07.2020

Edition - Bibliothèques - economie bibliotheque - bibliotheque bienfaits - bibliotheque retour investissements


Si l'approche économique des bibliothèques et de leurs services peut en rebuter plus d'un, elle s'avère parfois utile pour argumenter en faveur de moyens plus importants – auprès d'élus ou de responsables politiques. L'idée étant de faire état du retour obtenu sur les investissements consentis par l'autorité administrative... La Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA) fait le point sur la méthode et la littérature sur le sujet.

Médiathèque Alexis de Tocqueville - Caen


Dans une période de récession économique, qui suit une crise sanitaire sans précédent, les budgets des bibliothèques, dans le monde entier, se trouvent menacés. Mesurer le ROI des établissements aurait de nombreux avantages, dans ce contexte, selon l'IFLA. Le ROI, pour « Return on Investment », ou le retour sur investissement, permettrait aux professionnels de mettre en avant leur impact sur la société et les usagers.

Pour commencer, une formule de base, assez simple, que l'IFLA rappelle dans son document sur le sujet.
Le produit de ce calcul, présenté sous la forme y:1, représente les bénéfices pour une unité monétaire investie par la collectivité. L'idée d'une représentation chiffrée, simplifiée au possible, des avantages économiques, sociaux et culturels d'une bibliothèque remonte au début des années 2000, selon la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques.
 

Des services, un seul calcul


Bien entendu, réduire l'ensemble des services de la bibliothèque à un seul calcul s'avère délicat, et nécessite une certaine souplesse dans l'approche. Ou plutôt, les approches : en Espagne, une étude sur les bibliothèques universitaires cite ainsi une valeur économique créée de 3,09 à 4,23 milliards € par an, soit un ROI estimé entre 2,80 et 3,83:1.

L'une des méthodes les plus couramment utilisées s'appuie sur un sondage auprès d'un panel d'usagers d'un établissement, pour leur demander quelle somme ces derniers accepteraient de payer pour pouvoir bénéficier des services offerts par leur bibliothèque. Il est aussi possible pour les bibliothécaires d'observer les tarifs pratiqués pour des services équivalents par le secteur privé, pour effectuer le calcul.
 
D'autres angles sont possibles, comme le temps passé à la bibliothèque ou celui que les usagers ont pu économiser en ayant recours à l'aide de professionnels de la recherche et de la documentation. Et il est possible d'ajouter à ces mesures des bienfaits difficiles à quantifier, comme la préservation et la valorisation du patrimoine, l'accueil des plus démunis ou encore un espace propice au lien social.

Le document de synthèse de l'IFLA est accessible à cette adresse.


Photographie : illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
Et pourquoi ne pas calculer le taux de rotation d'un ouvrage, ramené à son prix ? Ou, sur l'année, combien d'emprunts, pour combien d'argent dépensé; en fixant le prix moyen d'un ouvrage, on doit pouvoir avoir un ratio entre dépense et création de richesses. Je ne sais pas si j'explique mon idée clairement, vous voyez l'idée générale. Actuellement, en pleine ré-évaluation du projet culturel, je trouve l'idée d'un chiffrage des bénéfices intéressante. Merci pour cet article !
Si je ne me trompe, il y a eu un congrès de l'ADBU en 2015 ou 2016 sur la question et, mieux, je crois aussi savoir que, sous l'égide du SLL, un groupe réunissant l'ABF, la BPI... et peut-être d'autres, avait été chargé d'une étude sur la question en 2016 ou 2017. Le sujet est intéressant et pourrait effectivement alimenter l'argumentation pour les bibliothèques auprès des élus... ce qui peut déranger les plus technos des anti-bibliothèques ("à quoi ça sert à l'heure d'internet ?") qui peuvent craindre de voir démontrer que les bibliothèques ne font pas que coûter, elles rapportent... et parfois plus que ce qu'elles coûtent ! C'est en tout cas comme ça que j'interprète la réponse de ma DAC, techno macroniste caricaturale, à qui je proposais une telle étude et qui me rétorqua : "Il ne faut pas juger la culture seulement en termes économiques"... sachant qu'elle m'appelait toutes les semaines pour suivre l'application d'une feuille de route de baisse des effectifs et des budgets et faisait une jaunisse à la simple évocation d'un investissement pour les bibliothèques.

Bref, c'est un vrai sujet !
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.