Chiffres-clés 2018 du secteur de l'édition et du livre en Belgique

Nicolas Gary - 17.06.2019

Edition - International - industrie livre - édition Belgique - livres Wallonie Bruxelles


L’association des éditeurs belges (ADEB), présentait ce matin les chiffres-clés du secteur des lettres et du livre, statistiques et analyses à l’appui. L’occasion de réaliser un bilan sur l’année passée, passant en revue production, mode de consommation et réseau public de lecture. 
 
Stand Belgique
 

Avec l’introduction du décret fixant le prix du livre, une nouvelle méthodologie a été mise en place, permettant de vérifier le prix de vente de chaque titre commercialisé pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. De quoi pallier en partie les difficultés à synthétiser des données significatives — plusieurs partenaires déclarants ayant fait défaut.
 

Un chiffre d'affaires en légère hausse


Pour les éditeurs belges francophones (parutions en français et néerlandais), l’année 2018 s’établit à 267,93 millions €, contre 266,13 millions € l’année passée. Le numérique n’évolue que très peu, passant de 64,66 millions € en 2017 à 64,65 millions € en 2018. C’est principalement sur les titres en néerlandais que l’on enregistre une baisse, de 43,47 millions € à 41,41 millions €.

Les ventes papier en Belgique sont en recul de près de 2 %, phénomène principalement dû aux secteurs Sciences humaines et Science et Technique. En revanche, les exportations enregistrent 5 % de croissance, soit 5 millions € dans les domaines de la BD et de la jeunesse. 

Le total de titres édités est inchangé à 9 948 titres, avec une légère balance : un peu moins de nouveautés (4173 en 2018 contre 4375 en 2017), un peu plus de retirages (5775 en 2018 contre 5587 en 2017).
 

Entre 2014 et 2018, on assiste toutefois à un recul de la production de livres belges en langue française, passée de 39,5 % à 35,5 %. 
 

75 % des maisons comptent 0 à 10 employés


Au sein des maisons d’édition, la répartition du travail s’opère avec 60,93 % de personnes à temps plein, 23,76 % à temps partiel — suivi de 5,1 % de stagiaires et 1,91 % d’intérimaires. Une nouvelle catégorie, les bénévoles, a fait son apparition, représentant 8,29 % des travailleurs. 

On compte 44 maisons sur le territoire, avec 20,45 % qui comptent entre 0 et 1 employé — majoritairement entre 0 et 10 employés, représentant 75 % des structures. 

Côté public, 51 % sont des femmes, et les plus grands lecteurs ont entre 15 et 34 ans. Aujourd’hui, 94 % lisent sous format imprimé, dont 42 % exclusivement, et 52 % lisent sous les deux formats (contre 44 % en 2018). 

librairie Tropismes
 

Plus de cinq lecteurs sur dix lisent en numérique (58 % contre 51 % en 2018) et 30 % des lecteurs exclusifs en imprimé envisagent de lire en numérique à l’avenir (24 % en 2018).  

Enfin, 6 % lisent exclusivement en numérique (7 % en 2018), mais depuis qu’ils lisent en numérique, un lecteur sur quatre lit plus de livres qu’avant, alors qu’au moins deux sur dix achètent ou dépensent plus qu’avant.
 

Evolution constante des pratiques de lecture


On relève également que pour 14 livres lus, 9 sont achetés (15 contre 10 en 2017) pour les ouvrages imprimés et 4 achetés pour 8 lus côté numérique (3 contre 7 en 2017). Le budget moyen annuel pour l’achat de livres numériques a bien augmenté, passant de 69,60 € à 88 €. Le budget moyen annuel pour l’achat de livres imprimés a quant à lui légèrement baissé de 129 € à 127,6 €. 

Le budget moyen annuel pour l’achat de livres imprimés est plus élevé chez les plus de 34 ans, de classe sociale et de niveau d’éducation supérieurs et actifs. Le budget moyen annuel pour l’achat de livres numériques est plus élevé chez ceux ayant un niveau d’éducation supérieur. 

Si le prix des livres importés de France diminuait, plus de 6 lecteurs en imprimé sur 10 (principalement les jeunes et les actifs) achèteraient dès lors plutôt en librairie physique en Belgique qu’en ligne sur des sites français. La même proportion y consacrerait également un budget plus important. Ces lecteurs pourront se réjouir puisque le décret du 19 juillet 2017 relatif à la protection culturelle du livre instaure progressivement la disparition de la tabelle. Il permettra à terme aux livres français d’être vendus au même prix en Belgique qu’en France.

Dans le volet numérique, le téléchargement gratuit légal représente 45 % des usages, contre 30 % pour l’illégal. Et entre 2018 et 2019, on passe de 10 % à 13 % de téléchargement de livres audio. 




crédits photos : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
la baisse de production de livres francophones en Belgique devrait alerter davantage les lecteurs et les bibliothèques : le recul des revues culturelles est flagrant et on ne les remplacera pas en cas de disparition.

on pourrait "consommer" du régional en fait de lecture comme on fait, et bravo, son marché de produits régionaux ! Car le livre étranger n'est pas forcément meilleur, même s'il faut lui laisser aussi une place de choix.
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