Chine, Arabie saoudite et Turquie, pays qui emprisonnent le plus d'auteurs

Antoine Oury - 20.05.2020

Edition - Société - Freedom to Write Index - auteurs prison - liberte ecrivains


Dans plusieurs pays du monde, les écrivains font face à des régimes qui contreviennent à leur liberté d'expression, en recourant à l'emprisonnement. Cette privation de liberté s'accompagne parfois d'un traitement brutal, et le plus souvent d'accusations fallacieuses. PEN America, organisation à but non lucratif qui défend la liberté des auteurs dans le monde entier, a conçu une carte interactive permettant d'observer les pays où les auteurs sont les plus malmenés.

Alcatraz Prison
(photo d'illustration, Alexander C. Kafka, CC BY-ND 2.0)


Chine, Arabie saoudite et Turquie forment le trio des pays où le nombre d'écrivains emprisonnés est le plus élevé, révèle la carte interactive mise en ligne par PEN America dans le cadre de son initiative « Freedom to Write Index ». Cette dernière proposera chaque année un relevé, le plus exhaustif possible, des auteurs emprisonnés dans le monde entier.

Pour l'année 2019, l'organisation a relevé 238 écrivains, universitaires et intellectuels emprisonnés dans 34 pays autour du monde. Les trois pays déjà cités, Chine, Arabie saoudite et Turquie, maintiennent en détention 60 % de ce total. La région Asie-Pacifique représente 42 % du total, avec 100 individus emprisonnés, devant le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (31 %). Enfin, Europe et Asie centrale comptent 41 écrivains emprisonnés, soit 17 % de l'ensemble.

La carte du Freedom to Write Index : en rouge, les pays qui emprisonnent le plus des écrivains
 

Parmi les prétextes avancés pour justifier l'incarcération d'auteurs, la menace contre la « sécurité nationale » tient le haut du pavé, utilisée dans la moitié des cas relevés par PEN America. Au moins 53 écrivains emprisonnés le sont dans des conditions particulièrement obscures, sans charges publiques retenues contre eux, en particulier en Arabie saoudite, note le Freedom to Write Index.

Les deux tiers (69 %) des individus évoqués par le relevé restent en garde à vue, et subissent le plus souvent des pressions concernant leur travail, leur liberté de déplacement ou celle de leur famille. Si l'incarcération physique est parfois levée, les formalités judiciaires et les frais qui les accompagnent constituent toujours un motif d'inquiétude.
 

Pourquoi emprisonne-t-on des écrivains ?


Grâce aux données réunies au sein de ce Freedom to Write Index, PEN America peut déterminer les motivations des pays et gouvernements qui tordent la liberté d'expression à leur avantage. Parmi les motifs récurrents, le nationalisme et la volonté de faire disparaitre des minorités ethniques ou linguistiques, comme la Chine vis-à-vis des Ouïghours ou l'Iran et la Turquie à l'égard des Kurdes.

Autre sujet d'inquiétude des gouvernements, une vérité historique parfois gênante, qu'il est bon de faire taire : en Chine à nouveau, ou en Russie, les écrivains se retrouvent poursuivis et emprisonnés lorsqu'ils viennent critiquer le récit national voulu par les différents régimes. Enfin, la lutte pour les droits des femmes, en Arabie saoudite et en Iran, conduit les autrices derrière les barreaux. D'une manière générale, les femmes représentent 16 % des cas répertoriés par le Freedom to Write Index.
 
Pour compléter ce dernier outil, mis à jour annuellement, PEN America propose une autre base de données, en temps réel cette fois, qui recense les écrivains en danger, emprisonnés, jugés, menacés, voire assassinés. Writers at Risk permet de rechercher les individus par nom, pour une information directe sur leur situation.

Les deux plateformes de PEN America ont été soutenues, notamment, par la John Templeton Foundation, souligne l'organisation.


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