Chine : des bibliothécaires brûlent les livres contraires à l'idéologie communiste

Antoine Oury - 10.12.2019

Edition - International - chine communisme - chine livres - chine liberte expression


Des bibliothécaires un peu trop zélés ont agité les réseaux sociaux chinois ces derniers jours : devant leur établissement de la province de Gansu, au nord-ouest de la Chine, deux fonctionnaires brûlent ce qui ressemble à une pile de livres. 65 ouvrages sont passés par les flammes, considérés comme des publications « illégales » par l'établissement.

La photographie diffusée sur les réseaux sociaux
 

Un « filtrage rapide et efficace » selon un point de vue, un simple autodafé pour d'autres : l'image diffusée sur les réseaux sociaux en fin de semaine, montrant deux bibliothécaires penchés sur un feu allumé à l'aide d'ouvrages jugés contraires à l'idéologie communiste, n'a pas manqué de choquer. La bibliothèque entendait lutter ainsi contre « les publications illégales, religieuses, les articles, livres, photographies et albums déviants ».

Le communiqué officiel de l'établissement a depuis disparu, et pour cause : publié à l'origine le 22 octobre dernier, il était accompagné d'un rapport portant sur le recensement et la destruction des ouvrages prenant un peu trop de libertés avec les directives du parti. 

Pourquoi cette photo et ces faits sont-ils de retour, quelques mois plus tard ? Difficile à dire : l'autodafé et la purge des ouvrages ont apparemment été réalisés sous le contrôle d'un responsable culture de Zhenyuan, subdivision administrative de la province, mais le bureau de la propagande local a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les faits.
 

Et les références ne manquent pas


Dans ce contexte, des informations ont pu fuiter sur la toile, où les événements ont largement choqué : outre la référence à l'Allemagne nazie et aux fréquents autodafés, l'histoire chinoise comporte un exemple édifiant avec l'empereur Qin Shi Huang, qui unifia la Chine au IIIe siècle av. J.-C. au prix de la diversité culturelle et de la vie de nombreux disciples de Confucius.
 

« C'est un cauchemar pour ceux qui lisent et écrivent des livres. D'abord, on rend criminel les intellectuels, et ensuite on brûle les livres », souligne un utilisateur sur les réseaux sociaux, faisant référence aux arrestations et détentions d'auteurs — dont le Prix Nobel Liu Xiaobo, mort le 13 juillet 2017 — et aux récents événements.

Certains voient dans l'autodafé de la bibliothèque un « dérapage » ordonné par des fonctionnaires trop zélés, souhaitant « mener une compétition pour déterminer qui est le plus à gauche ». À ce titre, le quotidien Beijing News, proche du pouvoir, a publié dès le 8 décembre un éditorial dénonçant l'autodafé, qualifié d'acte « qui outrepasse ce qu'une société peut accepter ». L'article a disparu quelques heures plus tard...


via RFI, Quartz



Commentaires
Voilà les Chinois dans le coup! Faudra songer à plus d'originalité. Par exemple, cesser d'incinérer les bouquins, les enterrer plutôt: ça peut produire des arbres.
C'est de la basse propagande antichinoise! Arrêtez ce conneries, des Fake news on EN a assez.
Brûler des bouquins !

Pour des bibliothécaires un comble!

Et c'est vrai ça fait propagande antichinoise. Quels livres ? Quels titres ?
C’est bien la suite logique à l’emprisonnement des écrivains qui ne sont pas dans la ligne du Parti communiste et jusqu’à mort s’en suive comme pour Liu Xiaobo...
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.