Chine : des revues scientifiques censurées à la demande du gouvernement

Antoine Oury - 26.12.2018

Edition - International - chine revues scientifiques - chine articles censure - chine censure


L'éditeur britannique de revues académiques Taylor & Francis annonce la censure de plus de 80 de ses titres en Chine, à la demande du gouvernement. Un certain nombre des articles présents dans les pages de ces revues ont été qualifiés d'« inappropriés » par les autorités, a indiqué l'éditeur, sans préciser lesquels pour « des raisons commerciales ».

Taylor & Francis Group - London Book Fair 2018
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


L'Asian Studies Association of Australia a indiqué, jeudi 20 décembre, que sa revue, l'Asian Studies Review, avait été censurée sur le territoire chinois à la demande des autorités. Le groupe d'édition Taylor & Francis, qui publie la revue, a confirmé l'information et ajouté qu'un peu plus de 80 revues académiques avaient connu le même sort, également à la demande du gouvernement chinois.

Certains articles de l'Asian Studies Review ont été qualifiés d'« inappropriés » par les autorités chinoises, un qualificatif utilisé pour d'autres articles. L'éditeur a donc retiré les titres concernés du paquet de revues vendu aux bibliothèques académiques chinoises, sans préciser quels articles étaient concernés par les réclamations du gouvernement, pour ne pas compromettre les relations commerciales.

« Dernièrement, le gouvernement chinois a entamé une large campagne de censure de publications scientifiques, en collaboration avec les éditeurs », a déploré l'Asian Studies Association of Australia. Taylor & Francis a répliqué en assurant qu'il « ne participait pas à la censure en Chine ou ailleurs ».

« Notre point de vue a toujours été que tout le monde devrait pouvoir lire les résultats de recherche que nous publions via les voies d'accès habituelles », a complété l'éditeur, indiquant par ailleurs qu'il recherchait un moyen de proposer l'intégralité du paquet de revues aux établissements chinois, selon l'agence Reuters. Ce n'est pas la première fois que des éditeurs scientifiques sont accusés de complaisance vis-à-vis de la censure.
En août 2017, Cambridge University Press avait été accusé d'avoir caviardé des centaines d'articles et de revues, à la demande du gouvernement chinois, en raison de sujets sensibles, parmi lesquels le massacre de Tiananmen en 1989, les Droits de l’Homme, Taiwan ou encore le Tibet... Quelques jours après la révélation de cette censure, l'éditeur avait préféré rétablir les accès aux articles, quitte à froisser les autorités.
 


Commentaires
"sans préciser lesquels" – il suffit de regarder le type de sujets traités dans les publications Asian Studies Review:



- Survive and Thrive: Field Research in Authoritarian Southeast Asia

- Decentralised Institutions and Electoral Authoritarianism: The Case of Town Councils in Singapore

- Exploiting Sino-US Geostrategic Competition: The View from Seoul and Singapore

- Special Themed Section: All the World’s a Stage: Promotional Politics and Branded Identities in Asia

- Special Issue: Competing Visions of the Rule of Law in Southeast Asia: Power, Rhetoric and Governance.
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