Chine : l'enlèvement du libraire et éditeur Gui Minhai est “sans précédent”

Antoine Oury - 05.02.2018

Edition - International - Gui Minhai libraire éditeur - Gui Minhai Chine - Gui Minhai prison


Depuis octobre 2015, le sort du libraire et éditeur Gui Minhai, enlevé et incarcéré par les autorités chinoises, préoccupe sa famille et l'édition internationale. Un peu moins les responsables de la Suède, dont il est un ressortissant, et plus généralement les pays qui collaborent avec le géant chinois, déplore la fille de Minhai, Angela Minhai. Elle lance un nouvel appel à la mobilisation pour obtenir la libération de Gui Minhai.

 

Gui Minhai
 

En octobre 2015, alors en Thaïlande, Gui Minhai est enlevé par la police chinoise, au même moment que 5 collègues, tous relâchés depuis. C'est pour ses activités en tant que gérant de la maison d'édition Mighty Current et de la librairie Causeway Bay que Minhai aurait été inquiété : à travers elles, il proposait à Hong Kong des ouvrages sur les dirigeants politiques chinois et leurs mœurs légères.

 

Deux ans plus tard, en octobre 2017, l'étau semble se desserrer : la Chine annonce la libération de Gui Minhai. Si sa fille Angela annonce tout d'abord qu'elle n'a aucune nouvelle de son père, elle parvient finalement à entrer en contact avec lui. Il est sous surveillance de la police, dans une semi-liberté. Mais son état de santé inquiète : Minhai présente des symptômes de la maladie de Charcot, et doit passer des examens d'urgence.

 

C'est au cours de son voyage vers Beijing, à bord du train, que Gui Minhai est enlevé une seconde fois, sous les yeux de deux diplomates suédois qui l'accompagnaient. « Les circonstances de son enlèvement sont sans précédent », commence un diplomate occidental basé à Beijing auprès de l'AFP. 

 

De son côté, Angela Gui dénonce les circonstances de ce second enlèvement : « Il n'aurait pas dû être enlevé une seconde fois, on aurait dû trouver un moyen de le faire sortir avant. Ou on aurait dû faire en sorte de s'assurer qu'il pouvait voyager en toute sécurité », dénonce Gui, installée en Angleterre. À Ningbo, où il était en résidence surveillée, Minhai avait pu se rendre à l'ambassade suédoise pour refaire ses papiers.

 

Le ministère des Affaires étrangères suédois ainsi que l'Union européenne ont réclamé la libération de l'éditeur et libraire, puisque Gui Minhai est un ressortissant suédois. La diplomatie américaine a également fait savoir son soutien à la Suède et à ses réclamations, mais la Chine n'aurait donné aucune nouvelle de Gui Minhai. Sa fille craint désormais un jugement et une condamnation à une peine de prison qui pourrait lui être fatale, étant donné son état de santé.

 

L'éditeur suédois détenu en Chine Gui Minhai
remporte le Prix Voltaire 2018

 

Amnesty International a diffusé un appel urgent à l'action, le 1er février dernier, en proposant d'écrire aux autorités chinoises pour obtenir la libération de Gui Minhai.
 

Mise à jour 06/02, 10h32 :


L'AFP rapporte ce 6 février que la Chine a reconnu l'arrestation de Gui Minhai. « En raison de violations de lois chinoises, les autorités compétentes ont adopté des mesures judiciaires coercitives à l’encontre de Gui Minhai », a simplement déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.





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