Chine ou Japon : qui est la véritable incarnation de Voldemort ?

Antoine Oury - 06.01.2014

Edition - International - Chine et Japon - Voldemort - Harry Potter


L'ambassadeur de Chine en Grande-Bretagne, Liu Xiaoming, commençait l'année en fanfare en comparant dans le Daily Telegraph la politique militaire japonaise aux forces du mal de Voldemort en personne. Keiichi Hayashi, ambassadeur du Japon en Grande-Bretagne, lui a répondu, toujours dans les colonnes du Daily Telegraph, en usant du même exemple. Voldemort n'a peut-être pas de nez, mais ses oreilles doivent siffler...

 


Voldemort votes Republican

Ce n'est pas la première fois que Voldemort prend position...

(The Master Shake Signal, CC BY-SA 2.0)

 

 

Dans sa réponse, Keiichi Hayashi développe un argumentaire sensiblement proche de celui de son opposant, dans la mesure où il fait lui aussi intervenir le spectre d'un renforcement et d'un durcissement de la politique militaire, sans oublier celui de Voldemort. « L'Asie de l'Est est désormais à un croisement. Deux voies s'ouvrent pour la Chine. L'une est le dialogue, sous le respect de la loi. L'autre consiste à jouer le rôle de Voldemort de la région, en servant le mal par une course aux armements et l'escalade des tensions, que le Japon ne suivra pas de son côté », écrit Hayashi.

 

Plus loin dans sa tribune, il moque la volonté chinoise de dénoncer « le fantôme d'une politique militariste vieille de 7 décennies ». Son homologue chinois avait en effet, dans sa propre tribune, affirmé : « [L]e sanctuaire de Yasukuni, à Tokyo, est une sorte de horcruxe, représentant les parties les plus sombres de l'âme de cette nation. » Le horcruxe étant un artefact contenant une partie de l'âme de Voldemort, et le sanctuaire, un monument à la mémoire des soldats japonais morts pour l'Empereur entre 1867 et 1951.

 

"Il est assez ironique qu'un pays qui a augmenté ses dépenses militaires de plus de 10 % par an ces vingt dernières années accuse son voisin d'être militariste"

Keiichi Hayashi, à propos de la Chine

 

 

De son côté, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a tant bien que mal appelé à un dialogue entre la Chine, la Corée du Sud et son propre gouvernement, après une de ses visites au sanctuaire, vue depuis la Chine comme une preuve patente de volonté impérialiste. « J'aimerais expliquer les véritables raisons de ma visite à Yasukuni. Il n'y a pas d'approches directes pour des réunions pour le moment, mais la porte est toujours ouverte pour le dialogue », a-t-il souligné.

 

Le secrétaire de la Défense américain, Chuck Hagel, a demandé au premier ministre japonais de clarifier ses intentions auprès de la Chine, après une visite jugée « décevante » par les Américains. Autant dire que la situation est explosive, pour que les États-Unis prennent le parti de la Chine... Mais le ministère japonais a tenu bon, en soulignant que Hagel avait « sous-estimé » les efforts du pays pour engager un dialogue.

 

Bon, Celui qui a survécu, il est où ?

 

(via The Guardian)