Chipotle Mexican Grill met de la littérature dans ses burritos

Julien Helmlinger - 16.05.2014

Edition - International - Chipotle Mexican Grill - Fast food - Jonathan Safran Foer


Bien que l'écrivain Jonathan Safran Foer ait milité contre l'élevage industriel d'animaux à travers l'un de ses livres, il ne s'interdit toutefois pas un fast food à l'occasion. Un jour où il se trouvait assis en solitaire à une table d'un resto de la chaîne Chipotle Mexican Grill, sans même un bouquin pour lui tenir compagnie, il aurait alors constaté des gobelets et des sacs tristement vides à côté de son burrito. De là est née l'idée d'y inscrire des mots pour nourrir aussi l'esprit des clients, ce qui devient réalité avec ses propres écrits, mais aussi ceux de Toni Morrison, George Saunders, Malcolm Gladwell ou encore Michael Lewis.

 

 

 

 

Chez Chipotle, on se sera probablement laissé séduire en se disant que les consommateurs sont si habitués à la surcharge d'information qu'ils ne sont peut-être désormais plus capables de manger sans faire autre chose en même temps. Il ne faudrait pas qu'ils s'ennuient. Et comme on ne peut pas jouer à Candy Crush en tenant proprement son burrito, la chaîne aura opté pour la littérature. Il faut avouer que c'est un peu moins ennuyeux que la publicité. Les textes aborderont divers sujets, principalement liés à la nourriture évidemment, et n'excéderont pas les deux minutes de lecture.

 

Froer, un militant végétarien au service du burrito ? Se serait-il fait rouler ? Le rapprochement est improbable de prime abord, mais peut s'expliquer. En effet, Chipotle se concilie les amoureux des animaux en ayant ajouté à sa carte un burrito sans viande et son marketing promet par ailleurs que les aliments servis sont sans OGM, et les protéines élevées naturellement plutôt qu'en batterie. L'écrivain argue simplement qu'il souhaite ainsi contribuer à l'accessibilité de la lecture.

 

La chaîne de fast food à la sauce mexicaine, bien que précurseur dans ses préoccupations anti-OGM, n'est pas exempte de critiques. Elle se trouve notamment pointée pour la raison qu'un salarié moyen devrait travailler pendant plus d'un millénaire pour gagner l'équivalent d'une paie annuelle de l'un des co-PDG. Bon appétit quand même !