Christiane Taubira : “La maison de la poésie, lieu de vie, de vitalité“

Nicolas Gary - 19.12.2015

Edition - Société - Christiane Taubira - Maison poésie - Olivier Chaudenson


La ministre de la Justice n’a pas caché son plaisir : Christiane Taubira était venue remettre les insignes de Chevalier des Arts et des Lettres à la maison de la poésie (Paris) à Olivier Chaudenson, le directeur et Rodolphe Burger, musicien et chanteur. Un lieu que la ministre apprécie tout particulièrement, et dont la Garde des Sceaux nous parle avec gourmandise.

 

Maison de la poésie

Christiane Taubira - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

« On m’accueille toujours très chaleureusement, je dois le dire. Je vais finir par prendre mes quartiers ici. » Et d’évoquer « une scène vivante autour de nouvelles formes où les poètes dialoguent avec les artistes. »

 

« D’abord ce lieu est une prouesse en soi : que tous les soirs, se tiennent un événement culturel, poétique, littéraire de très grande qualité, est déjà exceptionnel. » Sur l’année, 350 représentations ont lieu, conviant tout à la fois auteur, musiciens, artistes au sens le plus large, pour des moments certes poétiques, mais avant tout chargé de good vibrations. 

 

Christiane Taubira est une habituée de cette Maison. « La ministre est venue une quinzaine de fois », indique Olivier Chaudenson avec un sourire : « Les quatorze premières, c’était pour le plaisir : cette quinzième, c’est parce que Rodolphe et moi l’avons sollicitée. Nous sommes très heureux qu’elle ait accepté d’être celle qui nous remettrait ces insignes. » 

 

Habituée au point d’avoir sa place, qu’elle nous désigne avec un clin d’œil presque complice. « J’ai ma place, parce que je suis souvent obligée de filer avant la fin. C’est juste le fauteuil, près de la sortie. Alors oui, j’ai mes habitudes, et je suis surtout heureuse de venir : je passe dans les loges, je viens saluer certains artistes. Le défi que le lieu a relevé m’impressionne. » 

 

Une programmation « très diversifiée, qui permet à des publics très différents de venir ici. J’ai moi-même assisté à des événements très riches : une lecture poétique, un retour sur François Villon comme une remontée dans le temps, à l’occasion de sa réédition dans la Pléïade... Et puis, cela peut être de la littérature engagée, des montages et des exercices d’improvisation. Il y a un foisonnement de scènes qui accueillent toujours un très beau public, attentif et parfois turbulent [rire] ». Elle parle aussi de son plaisir des mots, de Samuel Beckett qu’elle apprécie tout particulièrement...

 

Elle apprécie aussi la dimension interactive, entre les artistes et le public. « Vous pouvez avoir quelqu’un qui se lève dans l’assistance et qui prend la parole, le public supporte un moment, puis l’applaudit pour lui signifier que son intervention suffit... Ici, nous sommes dans un lieu de vie, de vitalité et de convivialité. »

 

Au sortir de la cérémonie, Olivier Chaudenson avouera : « On rêvait [avec Rodolphe Burger] que ce soit Christiane Taubira qui nous remette cette distinction. C’est un honneur qui fait vieillir... et réfléchir. » 

 

Maison de la poésie

Olivier Chaudenson, Rodolphe Burger, Christiane Taubira

ActuaLitté, CC BY SA 2.0