Christine Albanel se défend d'avoir fait fermer la librairie Castéla

Clément Solym - 15.01.2012

Edition - Librairies - Christine Albanel - Orange - Librairie castéla


À l'annonce de la fermeture programmée de la librairie Castéla de Toulouse, Le Monde avait publié un article faisant état de la situation dans la ville. Une place du Capitole en deuil, des commerçants attristés, et une hausse des loyers absolument inévitable.


Et pour ajouter une petite note d'optimisme, le journal avait interrogé l'écrivain François Bon, et propulseur chaque jour de la coopérative d'auteurs Publie.net.

« L'ennemi des libraires, ce n'est pas Internet ni le livre numérique », estime à contre-courant François Bon. L'écrivain, qui est aussi éditeur en ligne, s'en dit persuadé : les responsables de la fermeture de la librairie sont le « baron Alban Merlin d'Estreux de Beaugrenier », propriétaire des murs, et Christine Albanel, ancienne ministre de la Culture, qui travaille désormais pour Orange.

 

Mais alors ? Eh bien oui, le maire Pierre Cohen lui-même avait déploré que l'espace auparavant occupé par la librairie, puisse désormais être cédé à un opérateur téléphonique, voire à un établissement bancaire, bien moins sexy dans le paysage. Mais avec 800.000 € de loyer annuel réclamés, difficile de trouver un meilleur repreneur. 

 

« On fera tout pour éviter un certain nombre de commerces qui nous semblent très utiles dans la ville, mais pas obligatoirement dans ces places qui ont plutôt vocation à être des symboles d'attractivité, de rayonnement, de tourisme », ajoutait d'ailleurs le maire PS de Toulouse. (voir notre actualitté)

 

 

Et que croyez-vous qu'il a pu se passer ? Eh bien, ladite Christine, toulousaine d'origine, et citée dans l'article s'est émue de ce que François puisse parler d'elle. D'elle ? Allons donc... En évoquant le propriétaire de l'immeuble, c'est bien l'enjeu financier que l'écrivain déplorait. 

 

C'est pas ma faute à moi

 

Et selon toute vraisemblance, la petite Christine a pris pour elle d'être citée ainsi aux côtés du propriétaire de l'établissement, alors qu'elle estime n'avoir absolument aucune responsabilité dans cette histoire. 

 

Et de faire tout un scandale dans un courrier adressé au Monde, où l'ancienne ministre de la Culture, reconvertie in extremis dans la communication chez Orange, après avoir raté son parachutage à la BnF, d'avancer. 

Toulousaine, je suis très attachée à la librairie Castéla, que j'ai fréquentée depuis l'enfance. Agrégée de lettres de formation, j'ai souvent soutenu la librairie dans mes différentes fonctions, apportant notamment mon aide, à la Mairie de Paris comme à la présidence de la République, à l'action de Jérôme Lindon dans le cadre de l'Adelc (Association pour le développement de la librairie de création). Ministre de la Culture, j'ai mis en oeuvre le plan Livre.

Chez Orange, c'est à mon initiative que la librairie a été intégrée dans la réflexion et les projets menés sur le livre numérique, de façon que les libraires aient leur place dans cette nouvelle chaîne de valeurs, ce dont le Syndicat de la librairie française peut témoigner.

 

A-t-elle simplement acheté des livres dans l'établissement ces derniers mois pour pouvoir dire qu'elle n'est pas responsable, ladite Christine Albanel ? Hmm... et pour sa défense, on espère qu'elle a gardé les tickets de caisse...

 

Plus sérieusement, nous avons contacté François Bon, pour lui demander ce qu'il voulait dire précisément. Mais il semble bien plutôt que ce soit la structure Orange qui soit ciblée, que directement la personne elle-même. Avec l'installation possible d'un opérateur téléphonique, c'est plutôt la domination de ces commerces que l'auteur voulait pointer, en s'appuyant sur Christine Albanel pour marquer un peu les esprits.

 

Mais Christine n'a jamais fait preuve d'un humour à toute épreuve... 

 

« Anéfé ! »

 

 

Mise à jour : 

La réponse de François Bon suit dans un commentaire ci-dessous. On s'amusera d'autant plus de la réaction de Christine Albanel dans ces conditions.