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Christine Angot et Laurent Joffrin mis en examen pour diffamation publique

Clément Solym - 21.03.2017

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Christine Angot et Laurent Joffrin ont été mis en examen pour diffamation publique. Une procédure qui fait suite à l’article publié le 1er avril 2016 par la romancière dans Libération. Dans ce dernier, l’éditeur Christophe Lucquin était à plusieurs reprises mentionné et sa maison d’édition mise en cause.

 

Christophe Lucquin

 

 

La chronique signée à cette époque par la romancière de Flammarion avait fait des vagues : elle revenait sur l’ouvrage d’Édouard Louis, Histoire de la violence. Dans cet ouvrage, l’auteur racontait notamment une agression sexuelle, subie à son domicile et commise par un certain Reda. Le livre lui-même a occasionné une procédure judiciaire, avec des accusations de viol et tentative de meurtre.

 

C’est dans ce contexte que Christine Angot évoquait l’éditeur Christophe Lucquin, lui prêtant un coup de cœur pour Édouard Louis. Le premier aurait, écrit-elle, publié une lettre d’amour sur le réseau Facebook. Mais de surcroît, elle accuse sa maison d’édition de publier « des textes à caractère essentiellement pédophile ».

 

La connexion entre l’éditeur et l’auteur serait passée, de l’avis de l’auteure, par l’intermédiaire de contacts communs : Christophe Lucquin vivait avec un Mexicain, dont un ami, nommé Ricardo, connaissait Reda. Et parce qu’Édouard Louis aurait éconduit, dans le récit d’Angot, Christophe Lucquin, les hommes décident d’une forme de vendetta.

 

Des témoignages écrits de Ricardo et Lucquin permettraient alors à Reda de réclamer des dommages-intérêts à Édouard Louis.

 

Christophe Lucquin avait demandé à Libération un droit de réponse, publié à la suite de l’article d’Angot. Il réfute toutes les assertions de la romancière, concernant Edouard Louis, mais surtout dénonce l’accusation prêtant à sa maison des textes à caractère pédophile.

 

« Je viens d’apprendre leur mise en examen pour diffamation publique suite à l’article de Christine Angot me visant ainsi que la maison paru dans l’édition électronique et papier du journal Libération début avril 2016 », écrit l’éditeur ce 20 mars.

 

Et de déplorer la manière dont elle évoque, dans son article « le Mexicain qui joue du violoncelle », comme si l’on présentait Angot comme « l’écrivaillonne française aux cheveux courts qui a l’habitude des mises en examen ».

 

Christophe Lucquin : la difficulté de la diffusion pour les éditeurs indés 

 

Voici presque un an que la plainte avait été déposée, nous précise l’éditeur. « La juge d’instruction a considéré qu’il y avait suffisamment de charges dans cette affaire, et le procureur a lui-même requis le renvoi devant le tribunal correctionnel », nous indique le cabinet d’avocats.

 

À cette heure, l’avocate de Christophe Lucquin attend l’ordonnance de la juge en charge du dossier, qui décidera ou non de porter le dossier devant tribunal correctionnel. « Cela devrait être fait très rapidement : en fait de diffamation dans la presse, les délais sont assez courts. »