Christine Angot : Les Petits ou de l'usage pervers de la littérature

Clément Solym - 10.02.2011

Edition - Société - petits - christine - angot


Le dernier ouvrage de Christine Angot, Les Petits (paru en janvier), déchaîne les passions, ainsi du billet publié par nos confrères de BibliObs. Vous me direz, rien de très nouveau sous le soleil jusque-là…Sauf qu’en l’occurrence, ce roman, dans sa façon de reprendre le réel tout en en proposant une lecture très partiale, dérange fortement.

Derrière Les Petits, difficile en effet de ne pas reconnaître Elise B. et ses cinq enfants métis, dont les quatre derniers sont nés de l’union de la jeune femme avec un Antillais. Mais l’image donnée dans le roman d’Elise B., renommée pour l’occasion Hélène, est loin d’être sympathique. Comme l’indique la couverture, elle incarne le « côté sombre de la puissance féminine ».


Au fil du roman, on découvre une héroïne qui s’est accaparé cet homme pour en tirer une progéniture importante tout en l’évacuant par la suite de sa vie. Mais, là où l’histoire se complique, dans l’entremêlement de la fiction et de la réalité, c’est que la nouvelle compagne de l’Antillais n’est autre que Christine Angot à présent.

L’auteure a donc pu s’inspirer très nettement de la version de l’histoire donnée par l’homme, sans compter que la garde des enfants est partagée entre Elise B. et son ancien compagnon…Où s’arrête alors le viol de l’intimité, voire l’attaque pure et simple via une intrigue littéraire, et le droit à la création ?

En l’occurrence, les faits sont clairs et, si un romancier s’inspire forcément de ce qui l’entoure, voire règle ses comptes avec son entourage, Christine Angot franchit avec Les Petits un pas de plus dans la perversion. Elise B., l’inspiratrice de l’héroïne n’a strictement aucun moyen pour donner la réplique à l’auteure à succès. C’est bien là le problème. Le jeu est tout simplement inégal. A noter également que deux romans portant ce titre des Petits sont sortis parallèlement.

N'est-ce pas bien petit tout ça ?