Christophe Girard, ex-adjoint chargé de la culture à Paris, accusé d'abus sexuels

Antoine Oury - 17.08.2020

Edition - Justice - Christophe Girard abus sexuels - Christophe Girard culture paris - Girard Aniss Hmaïd


Le 24 juillet dernier, Christophe Girard, alors adjoint à la maire de Paris, chargé de la culture, remettait sa démission après des accusations portant sur ses liens avec l'écrivain Gabriel Matzneff, sujet d'une enquête pour viol sur mineur. Quelques semaines après son retrait de la vie politique, Christophe Girard est désormais cité dans un témoignage qui l'accuse d'abus sexuels sur un mineur âgé de 16 ans.

Cérémonie de clôture du festival Paris Cinéma 2011 - Lundi 11 juillet 2011 - MK2 Bibliothèque


Adjoint de Bertrand Delanoë, maire de Paris, chargé de la culture, entre 2001 et 2012, puis d'Anne Hidalgo, entre 2018 et 2020, Christophe Girard fait l'objet d'une accusation directe, formulée dans les colonnes du New York Times par Aniss Hmaïd. Cet homme âgé de 46 ans accuse l'ex-adjoint à la culture d'abus sexuels et d'« une vingtaine » de rapports sexuels contraints, à partir de ses 16 ans et les dix années suivantes.

Aniss Hmaïd était présent lors d'une manifestation appelant à la démission de Christophe Girard, organisée devant l'Hôtel de Ville de Paris le 23 juillet dernier. À l'appel d'élus écologistes au Conseil de Paris, une trentaine de personnes s'était rassemblée pour demander la suspension de l'adjoint à la culture, le temps d'une enquête pour éclaircir ses liens avec Gabriel Matzneff, écrivain accusé de viol sur mineurs.

Sur place, il croise des journalistes du New York Times et décide de raconter son histoire. Selon lui, les faits commencent en 1989, à Hammamet, station balnéaire au sud de Tunis : âgé de 15 ans, il y rencontre Christophe Girard, qui travaille à l'époque pour Pierre Bergé, au sein de la maison Yves Saint Laurent et l'accompagne à deux reprises au hammam. Quelques mois plus tard, sur les conseils de sa mère, Aniss Hmaïd contacte Christophe Girard pour solliciter un travail.

Celui-ci propose au jeune homme de l'aider à garder ses fils lors d'un voyage aux États-Unis : c'est au cours de ce voyage qu'aurait eu lieu la première agression sexuelle. Aniss Hmaïd aurait été réveillé par Christophe Girard, en train de le masturber : « Moi j’étais tétanisé et après il m’a dit : “ça reste entre nous” », indique-t-il au New York Times.
 

Une vingtaine de rapports sexuels forcés


Employé comme domestique auprès de Christophe Girard, puis comme manutentionnaire et agent de liaison chez Yves Saint Laurent, Aniss Hmaïd affirme avoir été victime d'une vingtaine de rapports sexuels forcés entre 16 et 24 ans. À l'âge de 25 ans, il aurait remis en cause cette relation avec Girard, s'en éloignant petit à petit.

« Je peux dire que j’étais consentant », explique la victime présumée au New York Times. « Mais globalement j’étais pris dans un engrenage un peu bizarre. Mes parents qui m’encourageaient à le voir. Moi qui espérais quelque chose, du boulot, quelque chose comme ça derrière. » Aniss Hmaïd aurait révélé les faits à sa famille à la fin des années 1990, mais aussi à une ancienne petite amie et à un ancien collègue, ainsi qu'à son médecin.

Interrogé par le quotidien américain, Christophe Girard dément tous les faits rapportés par Aniss Hmaïd, qu'il qualifie de « calomnie », même s'il reconnait avoir été proche de ce dernier, au point de le considérer comme « un des enfants de la famille ».
 
Selon l'ex-adjoint à la culture, Aniss Hmaïd inventerait des faits pour obtenir d'un contrat d'édition, après le succès du livre Le Consentement, de Vanessa Springora (Grasset), qui dénonçait les agissements de Gabriel Matzneff. « C’est un roman entier, là — il va sûrement pouvoir trouver un éditeur », souligne Christophe Girard, qui met en doute les faits rapportés en soulignant notamment la temporalité du témoignage par rapport à ces derniers. Aniss Hmaïd, de son côté, assure qu'il n'a jamais dénoncé les faits en raison de la puissance de Christophe Girard, sur les conseils de sa mère.

« Les faits dénoncés étant prescrits, la parole de l’accusateur, contre la parole de l’accusé, est laissée à l’appréciation du tribunal de l’opinion, où trop souvent une présomption de culpabilité en matière d’infractions sexuelles a pris le pas sur la présomption d’innocence », a souligné Delphine Meillet, avocate de Christophe Girard, auprès de l'AFP.

Photographie : Christophe Girard, en 2011 (Yann Caradec, CC BY-SA 2.0)


Commentaires
Il faudra sans doute un jour faire la lumière sur tous ces « riches » qui vont au Maghreb en « vacances »... Matzneff, Girard, Bergé et celui que personne ne veut citer (le neveu d'un président de la république, adepte de « boxeur marocain de... 40 ans ».

La filière pédophile homosexuelle française prendra-t-elle fin un jour ? Oublie-t-on de dire la puissance de cette filière, soutenue par des milliardaires tout puissants (Berger, YSL) ?

Qui paie le luxueux hôtel de Matzneff en Ligurie depuis que « son affaire » a éclaté ? Pourquoi pas un mot là-dessus dans la presse française ? On rappelle que Matzneff n'avait pas un sous, car il touchait une subvention pour auteur nécessiteux. Qui a soutenu et renouvelé cette subvention ?

Question qui fâche (mais bon, on est sur Atcuallité) : quels sont leurs soutiens dans le monde de l'édition ?
Pourquoi le titre parle-t-il de rapports "forcés" quand la personne se dit "consentante" ?
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.