Chuck Palahniuk, une conspiration mondiale des sex-toys

Clément Solym - 21.10.2014

Edition - International - Chuck Palanhiuk - Fight Club - sexualité sex-toys


Quand une partie de la France s'émeut de ce qu'un sapin de Noël stylisé installé Place Vendôme, lui rappelle la forme d'un plug-anal, un sex-toy assez connu, personne ne s'attend à ce que, justement, les sex-toys puissent provoquer la fin de l'humanité. Ou pas loin. La création de Paul McCarthy, qui provoque la colère de vieux réactionnaires trop honteux pour avouer où ils ont trouvé le terme de plug-anal, ne vont pas se remettre du nouveau roman de Chuck Palahniuk.

 

 

 

 

L'auteur de Fight Club avait déjà frappé très fort avec ce roman, en racontant une poussée à l'extrême des pulsions destructrices qui s'emparent d'un homme. Avec pour trame de fond le consumérisme contemporain exacerbé, Chuck Palahniuk sait sortir des sentiers battus, pour donner de l'homo sapiens occidentalis, une vision sinistre et réconfortante. Avec son nouveau roman, l'écrivain a décidé de mettre les petits plats dans les grands...

 

Beautiful You pousse le bouchon assez loin, très loin même dans le monde du sexe. Et puisque Freud nous a garanti que tout était sexuel dans nos gestes, autant s'en donner à coeur joie. Et arriver à faire dire à la presse que le livre pourrait très bien être une alternative à Fifty Shades of Grey. Parce que Palahniuk manie le scalpel comme personne, et qu'il découpe, détaille, cisèle, minutieusement tout ce qu'il décide d'approcher. 

 

L'histoire de ce nouveau roman est littéralement présentée comme un sex-toy qui va enchanter les femmes. La bande-annonce présentée pour l'occasion ne fait pas dans la dentelle, et sans aucune subtilité, diffuse un message simple : ça va jouir dans les foyers, avec cette lecture. 

 

 

 

Et pour cause : le personnage principal du livre est C. Linus Maxwell, un milliardaire qui a fait fortune dans la technologie, et que sa réputation sexuellement précède, au point qu'on l'a surnommé Climax-Well – jeu de mots intraduisible, sinon en dévoilant que climax signifie orgasme. 

 

Playboy super bien foutu, comme il se doit, Linus est dans la lignée des Christian Grey que la littérature a copiés-collés depuis le succès de Fifty Shades. Et bien entendu, il y aura une fille, Penny Harrigan, qui n'avait rien demandé, sinon de pouvoir travailler dans un cabinet d'avocats. Et dès que Maxwell va lui tomber dessus, on part dans tous les sens.

 

C'est un véritable laboratoire d'expérimentations sexuelles, érotiques, avec pour seule quête l'explosion de plaisirs plus intenses que les précédents, jusqu'à, presque, en mourir. C'est que Maxwell a des projets plein la tête, et notamment le développement de la ligne de sex-toys, Beautiful You. Toute scène sexuelle du roman devient quelque chose d'étrange, de bizarre, et surtout, l'orgasme devient un outil d'asservissement. 

 

Au point que SF Weekly parle carrément de Gonzo Erotisme

 

Dans cet univers parfois choquant, même les pommes de terre ont une application sexuelle inédite – et quitte à trouver la Force, autant la chercher auprès d'un maître Yoda qui vit au Népal, et vous apprendra à maîtriser le plaisir. Surtout quand ce dernier devient trop intense. Tout cela est dans le plan, toute une conspiration qui débute avec des sex-toys. Et bien entendu, Penny Harrigan a pris part au complot malgré elle...

 

Pour mémoire, la suite de Fight Club interviendra sous une forme de roman graphique, à paraître chez Dark Horse. Et pour le roman, comme pour le roman graphique, il faudra attendre qu'un éditeur se manifeste pour leur publication en France.