Chute de 11 % du chiffre d'affaires pour l'édition espagnole en 2013

Antoine Oury - 28.08.2014

Edition - Economie - édition espagnole - maison d'édition - marché du livre


L'alerte est rouge du côté de la Fédération des éditeurs espagnols, tout comme les comptes des maisons d'édition du pays. Pour 2013, la baisse est fortement marquée, avec une réduction de 11,7 % du chiffre d'affaires, à 2,18 milliards €. À titre de comparaison, celui des éditeurs français s'arrêtait à 2,77 milliards €, pour la même année.

 


Red Alert

(Roman Iakoubtchik, CC BY-SA 2.0)

 

 

Les chiffres collectés entre mars et mai 2014 auprès de 322 maisons d'édition par la Federación de Gremios de Editores de España, Association des éditeurs espagnols, ne sont pas bons. En 2013, les ventes ont plafonné à 154 millions d'exemplaires (- 9,6 %), quand 76.434 titres ont été publiés, réimpressions incluses, sur la période. Au total, l'offre de livres est évaluée à 524.213 titres, le seul chiffre en hausse de ce bilan annuel (+ 6,8 %).

 

Le diagnostic d'une surproduction sera à nouveau évoqué, alors que le marché du livre espagnol encaisse une crise profonde : entre 2008 et 2013, le chiffre d'affaires a diminué de 29,8 %, et le nombre d'exemplaires vendus de 34,9 %.

 

Les chiffres détaillés par genres :

  • Fiction : 469 millions € (- 17,2 %)
  • Livres jeunesse et jeunes adultes : 267 millions € (- 9,8%)
  • Manuels scolaires : 726 millions € (- 9,6 %)
  • Ouvrages scientifiques, techniques, universitaires : 70 millions € (- 23,4 %)
  • Sciences sociales et sciences humaines : 230 millions (- 14,4 %)
  • Pratique et bien-être : 142 millions (+ 1,1 %)
  • Vulgarisation scientifique : 149 millions € (- 8 %)
  • Comics : 53,5 millions (- 2,9 %)

Les ouvrages de fiction représentent 21,5 % du chiffre d'affaires total de l'édition, et les cinq dernières années ont vu leurs revenus chuter de 34,3 %.

 

Si l'édition en langue espagnole est clairement en berne, la Catalogne profite d'une hausse du nombre de publications dans sa langue, à 10.268 titres en 2013, soit une hausse de 3,3 %. 60,8 % du chiffre d'affaires total est détenu par 3 % des maisons, qui représentent les plus grands groupes d'édition du pays.

 

Le prix moyen du livre - papier - est évalué à 14,18 €, soit une légère baisse de 0,34 € par rapport à 2012. Dans la répartition des ventes, les librairies indépendantes sont loin, très loin devant les autres canaux de distribution, malgré une baisse importante des ventes.

  • Librairies indépendantes : 773,10 millions € (-14.1%)
  • Chaînes de librairies : 345,58 millions € (-16.3%)
  • Supermarchés : 203,24 millions € (-15.6%)
  • Kiosques : 78,99 millions € (-21.3%)
  • Sociétés, organisations : 337,13 millions € (-2.4%)
  • Bibliothèques : 10,32 millions € (-3.6%)
  • Ventes à crédit : 74,86 millions € (-5.6%)
  • Ventes par téléphone : 33,81 millions € (-28.3%)
  • Clubs de lecture : 61,18 millions € (-16%)
  • Abonnements : 72,6 millions € (+2.3%)
  • Internet : 17,22 millions € (-14.9%)
  • Plateformes de vente numérique : 80,27 millions € (+8.1%)

Le livre de poche fait aussi les frais de la crise économique, avec un recul de 20 % dans les ventes d'exemplaires. Le chiffre d'affaires dégagé s'élève à 117,28 millions € (- 17,5 %). Pour 2012, les ventes de livres numériques étaient estimées à 12 millions € de CA, et sont donc toujours en forte croissance. Les ventes via les plateformes représentent 74,5 % à l'échelle du format, contre 20,5 % en vente directe sur les sites des éditeurs.

 

Enfin, les membres de l'Association des éditeurs ont procédé au versement de 158,7 millions € au titre des droits d'auteur, 4 millions € pour les traductions, et 2 millions € pour les acquisitions de titres. La vente des droits d'exploitation des ouvrages espagnols a rapporté quelque 34,9 millions €, dont 20,4 millions € reversés aux auteurs.