Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Cinéma : la SACD veut des comptes transparents pour les auteurs et les éditeurs

Antoine Oury - 06.02.2017

Edition - Economie - SACD auteurs - transparence comptes - SACD cinéma


La Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, société de gestion collective, développe ses services à destination des auteurs. Nouvel arrivé, un outil pour aider ces derniers à s'assurer du bon rendu des comptes dans le secteur de l'audiovisuel, pour lequel 2017 devrait constituer une phase de moralisation.

 

Euro

(Kārlis Dambrāns, CC BY 2.0)

 

 

« En réalité, nous développons un service que la SACD assure déjà auprès des auteurs », souligne Pascal Rogard, directeur général de la SACD, auprès d'ActuaLitté. La société de gestion collective propose en effet un service de négociation de contrats destiné à la fois aux auteurs qui débutent, avant qu'un agent ne prenne éventuellement le relais, et aux ayants droit, notamment pour le renouvellement des droits liés à l'exploitation de films du patrimoine.

 

La SACD va étendre ces services avec un outil « pour aider les auteurs à s'assurer du bon rendu des comptes, d'abord dans le cinéma, puis dans l'audiovisuel », résume Pascal Rogard. « Dans beaucoup de cas, il peut y avoir des problèmes de fiabilité des comptes, et la plupart des auteurs hésitent à aller chercher de l'argent chez les producteurs, de peur d'être blacklistés ensuite. »

 

Tous les auteurs, scénaristes, ayants droit d'une œuvre originale adaptée, sont concernés par cet outil, qui fera bientôt l'objet de discussions avec les agents, avant sa mise en place. « Si les éditeurs veulent utiliser ce service, nous n'avons pas de raison de ne pas le mettre à leur disposition », précise Pascal Rogard, « puisqu'ils ont parfois autant de mal que n'importe qui à récupérer les droits liés à une exploitation au cinéma ».

 

Ce service sera payant, avec une commission de la SACD sur les sommes récupérées qui reste à déterminer.

 

2017 ou la moralisation du secteur cinéma

 

La SACD place le développement de son outil de contrôle des recettes dans un mouvement plus large de transparence initié par la Loi Liberté de création et son chapitre II, consacré au « partage et la transparence des rémunérations dans les secteurs de la création artistique ». 

 

Provisions sur retour, compensation intertitre : éditeurs et auteurs s'accordent 

 

Parallèlement, le Centre national du Cinéma entame lui aussi une « année de contrôle » avec la mise en place prochaine de procédures de sanction à l'attention des producteurs, abattements sur le soutien financier à la clé en cas de non-respect des règles en vigueur. « L'idée est de commencer par le cinéma, car les contrats passés prévoient une rémunération complémentaire après l'amortissement du coût du film », explique Pascal Rogard.

 

« On parle beaucoup des succès à l'export de la fiction française, mais les auteurs n'en bénéficient pas toujours. »

 

Le secteur de l'audiovisuel viendra plus tard : « Il est encore plus rare que les auteurs aient droit à quelque chose, et il faut, là aussi, des discussions pour changer la situation. Je pense que les grands groupes, dans l'audiovisuel, ont le souci d'avoir des rendus de compte précis, comme les grands groupes de cinéma », estime le directeur général de la SACD. Selon lui, la garantie de comptes plus transparents serait aussi un atout pour les différents producteurs auprès des auteurs.