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Cinquante éditeurs appellent à “boycotter et saboter le monopole” d'Amazon

Auteur invité - 09.11.2020

Edition - Economie - éditeurs France Amazon - vente livres internet - éditeurs déclaration Amazon


Entre anaphore et anathème, ces maisons n’ont pas choisi. « Nous ne vendrons plus de livres sur Amazon », martèle la cinquantaine de signataires d’un manifeste aux petits oignons. Dans un texte diffusé ce jour, les voici, idéalistes, partis même à constituer un mouvement de boycott réunissant « l’ensemble des maisons d’édition et acteurs·rices de la chaîne du livre ».

Au théâtre sont frappés les trois coups : ici, le message passera en cinq éclats argumentés, sommations sans frais, avec couperet inéluctable. Des maisons indépendantes, de petites structures, qui d’un geste soulèvent et envoient valdinguer la grande table. 

Le voici disponible en intégralité.


 

Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon. 

Son monde est à l’opposé de celui que nous défendons. Nous ne voulons pas voir les villes se vider pour devenir des cités-dortoirs hyperconnectées. Amazon est le fer de lance du saccage des rapports humains et de l’artificialisation de la vie. Nous devons, sans attendre, boycotter et saboter son monopole.

Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon. 

Les conditions de travail dans ses entrepôts et en dehors (bas salaires, précarité, cadences exténuantes, pauses réduites, management électronique, chasse aux syndicalistes), son impact écologique (destruction des invendus, bétonisation, utilisation massive d’énergie pour les frets aériens et routiers), l’enrichissement démesuré de son patron et de ses actionnaires sont autant de marques du cynisme du modèle économique et social défendu par cette multinationale.

Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon. 

Les librairies sont des lieux de rencontre, d’échange critique, de débat, de proximité. Un livre doit pouvoir être défendu auprès de ses lecteurs·rices par un·e libraire, un·e éditeur·rice, un·e auteur·rice et ne pas être invisibilisé par les « meilleures ventes du moment ». Nous ne voulons pas remplacer les conseils d’un·e libraire par ceux d’un algorithme ni collaborer à un système qui met en danger la chaîne du livre par une concurrence féroce et déloyale.

Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon.

Diffuser de la pensée critique ne peut se faire par ce type de plateforme. Si nous lisons, publions et défendons des textes, c’est pour affûter nos imaginaires et donner corps à nos refus comme à nos convictions. Nous ne sacrifierons pas notre idée du livre pour un compromis financier. Nous ne nous laisserons pas imposer un futur uniforme et impersonnel. 

Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon.

Avatar d’un système global, Amazon représente un monde dont nous ne voulons pas et avec lequel il est grand temps de rompre.


Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon et appelons l’ensemble des maisons d’édition et acteurs·rices de la chaîne du livre à nous rejoindre dans cet engagement. 


Les signataires :

Hobo Diffusion, Éditions Divergences, La Tempête - Éditions, Nada éditions, Éditions du commun, L’Œil d’Or, Les Éditions sociales, Éditions La Dispute, Éditions Grevis, Editions Ixe, Jef Klak, Panthère Première, Tendance Négative, Revue Audimat, La Lenteur, Le Monde à l’envers, Les éditions des mondes à faire, Les Éditions Du Bout De La Ville, HUBER Éditions, Archives de la zone mondiale, Smolny, Éditions Otium, Ici-bas, Éditions Pontcerq, Premiers Matins de novembre, Faces Cachées Éditions, Serendip-livres, Paon diffusion, Les Éditions libertaires, Gruppen editions, Black star (s) éditions, Le Chien rouge, Rue des Cascades, Éditions Dépaysage, Editions Goater, HumuS, Homo Habilis, Tahin Party, L’atinoir, Éditions Adespote, Éditions Blast, Asinamali, Éditions Daronnes, Les Éditions de la Roue, Éditions Noir et Rouge, Les Nuits rouges, Les Éditions de l’Éclisse, Même pas mal.


Commentaires
J'ai commandé chez une petite librairie qui a dû fermer un livre de poche sur leur site internet. Ma commande n'a toujours pas été traitée. Donc avec le jour férié, je serai peut-être livrée vendredi ou samedi (si la poste livre encore le samedi), soit 10 jours d'attendre. Rien d'étonnant que les gens choisissent Amazon.
Le problème va bien au-delà de la question de la fermeture des librairies à cause du Covid. Si ces maisons d’édition décident de boycotter Amazon malgré la perte de chiffre d’affaires que cela peut leur coûter, c’est qu’elles pensent que le modèle d’Amazon est mortifère.
Si la patience ne fait pas partie de vos qualités.

Et que votre soif de lecture est trop grande !



Vous pouvez aussi demander votre livre en bibliothèque.

Grâce au drive, vous l'aurez rapidement wink

Pas besoin du cp de commander sur Amazon.
Et si on essayait de vivre ensemble ? Il y a du bon chez Amazon comme et du mauvais, c'est partout pareil. Amazon n'a pas le monopole des conditions de travail difficiles. Regardez comment les salariés sont des traités dans les hard-discounts, et pour autant on continue de fréquenter ces enseignes là.
nul doute qu'avec cette force de frappe, et tout ces éditeurs "dont pas un ne mourra", Jeff B. tremble dans ses braies !



Plus sérieusement, pastichons :



"Les conditions de travail des auteurs (droits inférieurs à 10 %, absence de salaire, précarité, cadences lamentables, pauses inexistantes, management antédiluvien, chasse aux syndicalistes), son impact écologique (destruction des invendus, utilisation massive d’énergie pour des livraisons de livres dont la plupart sont retournés par la même voie), l’enrichissement des grands éditeurs à la pingrerie proverbiale et de leurs actionnaires sont autant de marques du cynisme du modèle économique et social de la chaine du livre maintenant les auteurs en esclavage et défendu par les signataires".



Editeurs, balayez devant votre porte, ce sont auteurs que les vents d'Amazon emportent, et il vente devant votre porte...
200% d'accord Raynal… même si je ne cautionne pas les pratiques d'amazon, ils sont loin d'être les grands méchants de cette histoire. Slate a fait un très bon article sur le sujet : http://www.slate.fr/story/196753/librairies-amazon-grande-distribution-concurrence-vente-livres-menace-disparition-fnac-cultura-leclerc



Sans amazon et nos libraires fidèles, il y a bien longtemps que nos ouvrages, à Carine et moi, auraient disparu des rayons… Bref, continuons de nourrir la bête…

plutôt que d'essayer d'avancer sur la condition des auteurs,

plutôt que d'arrêter de faire fabriquer des livres à l'autre bout de la planète,

plutôt que d'imprimer la bonne quantité d'ouvrage au lieu de pratiquer le pilon à tout va après chaque rentrée littéraire…



Bref… c'est vrai qu'amazon est le plus grand des méchants. On voit bien quand on parle avec les libraires de grandes enseignes comme la Fnac, comme ils ont l'air heureux et épanouis dans leur travail. Surtout que leur centrale leur laisse toujours le choix quand il s'agit de mise en avant produits…



Soyons un peu sérieux, pendant que tout le monde a les yeux rivés sur le GRAND MÉCHANT JEFF et sa créature, les auteurs, eux crèvent dans un silence assourdissant.



Bref, tout à fait d'accord avec toi Raynal.
"Cadence lamentable" des auteurs ? Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ! Cela vous sort un livre tous les trois ans qui coûtera plus cher à l'éditeur qu'il ne lui rapportera, et ça attend des montagnes d'or. Allez passer un mois en usine, ça vous apprendra ce qu'est la sueur.
En achetant amazon, vous y travaillerez vous même un jour. La destruction des commerces, des métiers, des savoirs qu'amazon produit, est telle que seul amazon proposera du boulot un jour... Je vous souhaite donc d'être la première sur la chaîne à préparer des commandes en étant minuté et sous payé... Pour satisfaire des caroline impatientes et plaintives, que la lecture n'a pas rendu plus perspicaces ou réfléchies... Mince alors, quel gâchis...
Vous êtes donc pour le travail le dimanche, les jours fériés, 24/24 pendant que vous y êtes. Tout ça pour avoir tout et tout de suite, en consommatrice gâtée, pressée et égoïste que vous semblez être. Ouvrez les yeux, et voyez les conséquences de votre posture. Au fait, y a-t-il mort d'homme si vous devez attendre votre livre plus d'une semaine ? Sachez réapprendre la patience et vivez l'instant présent en conscience. Etonnez vous des petits riens du quotidien et vous cesserez peut-être de vivre dans l'attente insupportable de lendemains consommés d'avance.

Quant à Amazon, ils ignorent tout du métier de libraire, ils vendent des livres comme il vendraient des accessoires de mode ou des produits Hi-Tech, sans âme, sans humanité, avec des conseils donnés par des algorithmes. Au secours...
@ Patick

Si je suis votre raisonnement, vous êtes donc pour l'exploitation des auteurs par les éditeurs, pour travailler gratuitement (pas que le dimanche !) et que le fruit du travail soit à peine rémunéré plusieurs années après (dans le meilleur des cas).

Commencez par balayer devant votre porte avant d'attaquer les acheteurs : les acheteurs utilisent ce qu'on leur offre. Offrez mieux qu'Amazon et les acheteurs suivront.

Mais cessez cette culpabilisation à deux balles, qui n'a finalement qu'un but : masquer votre incompétence à vous mesurer à votre adversaire (en utilisant hypocritement ce que vous dénoncez... Vous vivez de la misère des auteurs !)
J'ai une librairie d'occasion. En quittant amazon au printemps, j'ai tenté d'entraîner des collègues, il n'est pas facile de franchir le pas. Je vous assure, on peut vivre sans eux et avec quelle satisfaction. Echappons à la tyrannie de la commodité... http://www.librairie-et-caetera.fr/2020/04/s-affranchir-d-amazon-nous-c-est-fait.html
Bonjour je suis libraire et éditeur. Je vends depuis longtemps sur Amazon et continuerai Mais je n’aI pas de stock chez Amazon: j’utailier Amazon pour ce que c’est : un marketplace. Un nouveau métier sur internet. Je crois qu’il ne faut pas tout mélanger... c’est donc moi qui reçois la commande et l’expedie. Et bien sûr Amazon n’aime pas cela.... il ne s’agit pas d’etre pour ou contre mais de faire avec.... je crois....
Bonjour, je suis libraire de livre d'occasion depuis 15 ans et ne travaille qu'avec Livre Rare Book et je m'en porte très bien.Je n'ai jamais travaillé avec les autres plates-forme qui se prennent pour des intermédiaires financiers et vous tapent sur la tête au moindre grincheux.
👏👏👏 Je ne suis pas éditrice, mais ce manifeste me réjouit. Et en tant que lectrice, il a tout mon soutien. Depuis longtemps, d'ailleurs, car ces plateformes représentent un monde que je honnis et boycotte dans toute la mesure du possible (mesure plus grande qu'on le pense!). C'est une satisfaction infime, mais non insignifiante – comme la plupart des gestes individuels – de me dire qu'avec des "clients" comme moi, Amazon serait en faillite totale et n'existerait plus depuis longtemps (à vrai dire, il n’aurait jamais existé). Oui, le vécu du temps y est pour beaucoup. La lenteur est à réapprendre. C'est fou ce qu'on peut percevoir, saisir, dans cet intervalle entre deux points, dont l'accélération actuelle féroce nous prive.🐾🐾 Au rythme où nous allons, le téléscopage présent-futur sera vite accompli et nous serons servis avant même de passer commande!!! (via un abonnement automatique sur affinités préétablies par algorithmes?)"Nous le savions avant vous, nous dira Amazon à la livraison, voyez comme nous sommes prévenants!" Ah, le mot juste, pré-venant! Ils en créeront sans doute un nouveau, pré-servant, pour montrer à quel point ils vous sont dévoués.Vous aurez déjà payé, bien sûr, car vos coordonnées bancaires seront conservées. Dans un premier temps, vous serez remboursé si vous renvoyez l’objet, d'abord sous quinze jours, puis sous sept, d'abord à leurs frais, puis aux vôtres. Des lois nouvelles, mises à jour chaque fois que nécessaire, assureront leur « légitimité » via bien entendu, les tribunaux d’entreprises indépendants. Quant à moi, je préfère contribuer à pré-venir ce futur (fantaisiste, vraiment?) garant de toujours plus de gains pour Amazon & Co. Déjà qu'ils racontent ce que le client devrait acheter en plus, au vu de sa commande... 🤣🖕🏽⛔️
C'est un combat d'arrière garde de jaloux. Amazon a déjà gagné depuis longtemps. C'est le modèle du capitalisme triomphant tel qu'en rêve tous les gouvernements. Vous êtes le modèle périmé d'un capitalisme faux-cul qui prétend préserver un modèle humain du capitalisme mais c'est juste incompatible, non miscible. Et vous le savez bien, libraires soit-disant indépendants. Ça n'a pas l'air de vous déranger de manger sur le dos des auteurs. Le jour où vous vous battrez avec autant de gnac pour une nette revalorisation du droit d'auteur, vous commencerez à être crédibles donc audibles.
Mais non, Koinsky, ne confondez pas tout. Le ressentiment est toujours mauvais conseiller. On ne comprend pas votre message, sauf à la fin. En fait, vous parlez de vous! Votre révolte, certainement légitime (les petits éditeurs ne sont pas des saints avec les auteurs, certes non! J'en sais quelque chose), gagnerait en clarté à être menée de façon directe, pas en passant par le malheur des autres!
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