Cocktail Molotov pour Charia Hebdo, avec Mahomet rédac'chef

Clément Solym - 02.11.2011

Edition - Société - Charlie Hebdo - Charia Hebdo - Mahomet


C'est parfois un peu maladroit, un journaliste. Un chroniqueur aussi, mais c'est plus compréhensible : après tout, les métiers sont différents. Et les interventions, orales ou écrites, voire télévisuelles, changent plus encore le message.


Ce matin, la rédaction de Charlie Hebdo était rebaptisée pour l'occasion de son numéro Charia Hebbdo, en référence à l'application de la loi islamiste en Libye. Et pour poussser la provocation, Charlie s'était offert les soins d'un rédacteur en chef, qui n'était ni plus ni moins que Mahomet.

Et durant la nuit, voilà que les locaux ont été incendiés.

 

« Ceci expliquant cela », concluait ce matin un journaliste de France Inter.

 

Pour un Charia Hebdo et Mahomet, le jet d'un cocktail Molotov pourrait être expliqué par « Ceci expliquant cela »... Pas d'accord. Pas du tout même.

 

La personne qui est derrière ce cocktail Molotov, si elle a agi pour des raisons religieuses, est une imbécile irrespectueuse. Et particulièrement si elle a réagi pour défendre ses convictions. Mais il est inutile de se perdre en réflexions et autres : on ne sait rien des raisons qui ont poussé un joyeux bas de plafond à provoquer un incendie. Peut-être l'intéressé lui-même ne le sait-il pas vraiment, d'ailleurs.

 

L'histoire qui toute bête se répète

 

Simplement, on se souviendra qu'en septembre 2008, un éditeur anglais avait été victime d'une attaque au cocktail Molotov. Il s'apprêtait à publier un ouvrage, Jewel of Medina. Le livre portait sur la très jeune épouse du prophète Mahomet, et une universitaire avait reculé l'éditeur Random House en comparant ce livre aux Versets sataniques de Rushdie, ou aux caricatures de Mahomet.

 

« Imaginez qu'il sera plus controversé encore », écrit-elle dans un email à l'éditeur. Et ce que l'éditeur décrit comme des « conseils de précautions », en ce que le livre « pourrait être offensant à l'égard de certains membres de la communauté musulmane », s'apparente pour d'autres à une pure et simple peur.

 

On peut se poser quelques questions tout de même - et revenir également sur les caricatures de Mahomet, qui incitent à la haine, voire attisent l'animosité, estimait une organisation musulmane.

Ou fallait-il plutôt considérer que les terroristes avaient le monopole de Mahomet

 

Mahomet soluble dans l'humour ?

 

Alors, oui, pour Charlie, certains répéteront que la polémique avait commencé à enfler. Mais enfin des gens qui jettent des cocktails, tout Molotov soient-ils, ne donnent pas envie de trinquer. « Oui, l'islam est compatible avec l'humour », présente l'une des couvertures auxquelles le lecteur aura échappé.

 

« On n'a pas l'impression d'avoir fait une provocation supplémentaire. On a l'impression simplement de faire notre boulot comme d'habitude. La seule différence cette semaine, c'est que Mahomet est en couverture et que c'est assez rare de le mettre en couverture », expliquait d'ailleurs Charb à l'AFP.

 

Ce matin, le site internet du journal avait également été attaqué, un piratage dans les règles.




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