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Colère aux Philippines : Dan Brown fait de Manille les portes de l'enfer

- 26.05.2013

Edition - Société - inferno - philippines - dan brown


La réaction est somme toute évidente quand on connaît le conservatisme catholique de la société philippine. Manille, mondialement connue comme capitale de l'archipel reçoit dans le dernier thriller de Brown, Inferno, le doux sobriquet de « portes de l'enfer ». La colère des pouvoirs publics municipaux ne s'est pas fait attendre devant la description peu flatteuse de la ville.

 

 


Oscar Papaorhum (CC BY 2.0)

 

Dans une lettre ouverte à l'écrivain, le responsable de l'autorité de développement de la métropole Manille, Francis Tolentino, confie sa « déception de la description inexacte de notre métropole bien-aimée ». Le coup de semonce envoyé, le ton se fait plus dur. « Nous n'apprécions pas la façon que vous avez d'utiliser Manille comme lieu et  source chez un personnage pour lui faire avoir un traumatisme et une dépression nerveuse ». Et de retourner les outils de comparaison pour faire de la ville « une entrée au paradis » et un « centre de l'esprit, de la foi et de l'espoir philipin ».

 

Dans ce nouveau titre, il ne s'agit pas d'une simple chasse aux énigmes basées librement sur des symboles de l'œuvre de Dante comme le Louvre l'avait été pour le personnage de Marie-Madeleine avec Da Vinci Code. La narration par la compagne du personnage principal, Robert Langdon, va peut-être plus loin que les critiques émises envers le Vatican dans les précédents romans. Les interminables heures de pointe, la misère, la crasse et la prostitution, font dire au personnage de Sienna que Manille a des accents infernaux.

 

On peut ainsi lire au travers de la bouche du personnage qu'elle « n'[a] jamais vu un tel niveau de pauvreté », une expérience confinant à l' « horreur » au point de dire avoir « traversé les portes de l'enfer ». Des saillies violentes quoique fondées – un habitant sur deux y vit sous le seuil de pauvreté - quand les officiels cherchent à doper le secteur du tourisme.

 

Et pour enfoncer le clou sur l'immoralité de la ville aux treize millions d'âmes, Brown fait subir une agression sexuelle à la dame. « Timbré », « affreux », les qualificatifs de la presse britannique collent mal avec l'argumentaire du roman à suspens, et ce en dépit d'excellents chiffres de vente. Pour sa première semaine, Inferno a cumulé 230.000 exemplaires au Royaume-Uni.

 

En 1999, l'actrice Claire Danes (Homeland, Romeo + Juliet) avait été interdite de séjour aux Philippines par le président Estrada. Lors du tournage de Bangkok, aller simple, filmé sur l'archipel, la jeune femme avait décrit la ville comme nauséabonde, bizarre et envahie par les rats. Plus diplomate, le président de la société italienne de promotion de l'oeuvre de Dante,  Eugenio Giani, tempère auprès du Telegraph : « La '"Divine Comédie'" a 600 ans. Elle peut survivre a quelques erreurs faites de la part de Dan Brown ». Erreurs scénaristiques ou grossièreté géopolitique ?




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