Colombie : le frère de Gabriel Garcia Marquez privé de pension

Cécile Mazin - 12.03.2014

Edition - International - Gabriel Garcia Marquez - Pas de lettre pour le colonel - pension


Jouir de la réputation du prix Nobel de littérature de son beau-frère, pour faire valoir un mauvais traitement n'a manifestement pas arrêté... la veuve de Gustavo Adolfo Garcia Marquez. Ce dernier, frère de Gabriel, est mort le week-end dernier, à l'âge de 77 ans, des conséquences de la maladie d'Alzheimer en Colombie. Et jamais il n'aurait perçu la pension qui lui était due. 

 

 

 

 

Plus de 10 années durant, l'intéressé n'a pas touché un denier de ce que le pays lui devait, explique Lilia Travecero à l'AFP. Le plus jeune frère du prix Nobel, Gabriel Garcia Marquez aurait pourtant tenté de remplir toutes les formalités nécessaires. Cependant, du fait de son état de santé, et de la fulgurante de la maladie, il n'aurait pas été en mesure de compléter les formulaires.

 

Son enterrement prévu pour aujourd'hui, sera modeste, et se déroulera à Bogotá, alors même qu'il servit comme consul au Venezuela. Et s'il s'est retrouvé privé de pension, ce serait à cause de problèmes bureaucratiques avec des entreprises privées, pour lesquelles il travailla avant de rejoindre le service public. Ces dernières n'auraient pas fait parvenir les documents et informations idoines. 

 

Son retour en Colombie avait été provoqué par des problèmes de santé. Et depuis, la veuve explique que son défunt mari n'avait eu aucune nouvelle de la part du ministère des Affaires étrangères. 

 

L'anecdote n'a évidemment pas manqué de rappeler le livre de son frère, Pas de lettre pour le colonel, roman écrit en 1975 à Paris, où l'on retrouve les thèmes favoris de l'écrivain. 

Bien des années après la paix des braves, le vieux colonel attend au village, par le courrier hebdomadaire, des nouvelles d'ancien combattant dont la promesse s'est perdue dans les labyrinthes administratifs de la vie civile. Il crève de faim auprès de sa compagne asthmatique, nourrissant sa vaine attente de nostalgies d'action clandestine et des victoires à venir de son coq de combat, dépositaire de ses ultimes espérances. Faudra-t-il, en désespoir de cause, manger le volatile, ou au contraire préserver à tout prix ce symbole d'une gloire réduite à présent aux dimensions d'un enclos de combats de coqs ?

 

Lorsque Gabriel apprit que son frère était atteint de la maladie d'Alzheimer, il le fit prendre en charge dans un centre spécialisé, à Cuba. De son côté, Gabriel, qui a reçu son Nobel en 1982, a grandement limité ses apparitions en public, au cours de ces dernières années, du fait de son cancer. Il a passé les 87 ans depuis jeudi dernier. 

 

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