Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Colombie : vaincre les préjugés des touristes par la littérature

Julien Helmlinger - 26.09.2013

Edition - International - Colombie - Littérature - Tourisme


La Colombie et sa perception au travers des idées reçues posent un léger problème au développement du tourisme. Sa jungle et ses hordes de moustiques, les excursions pas si bucoliques de journalistes guidés manu militari par les FARC, Pablo Escobar et son héritage toujours très prisé des nouveaux narcotrafiquants, voilà qui peine à faire une bonne brochure attractive pour les touristes étrangers. Mais le ministère local en charge de la promotion de la destination a trouvé remède à son mal : la littérature.

 

 

 

 

Le marketing colombien s'est résolu à tourner la page. La dernière campagne lancée par le ministère du Commerce, de l'Industrie et du Tourisme s'inspire grandement de l'oeuvre du Prix Nobel de littérature 1982, Gabriel Garcia Marquez et son « réalisme magique », genre littéraire devenu le slogan de la promotion touristique. 

 

Le thème est décliné dans divers spots télévisés et autres brochures papier, mettant en scène le livre et la Colombie en parfaite harmonie. Si le thème repris par la campagne ne définit guère la littérature sud-américaine, et ressemble lui aussi à un cliché, il sonne néanmoins plus agréablement à l'oreille que les mauvais échos des faits divers des années passées. Le résultat est plutôt accrocheur.

 

Comme l'exprime María Paula Godoy Casasbuenas, coordinatrice éditoriale à l'université catholique de Colombie, le slogan « fait penser tout de suite au livre le plus connu à l'étranger d'un auteur colombien. Il est sûr qu'il parle beaucoup aux étrangers et traduit ce sentiment tropical, cette recherche de quelque chose de si différent de votre réalité, quelque chose que vous recherchez quand vous partez en vacances. Donc, je pense qu'il possède quantité d'évocation romantique et de référence littéraire qui peuvent être très attrayantes ».

 

La Colombie n'est pas la seule contrée a rebondir sur le tremplin littéraire pour vendre ses paysages et monuments aux touristes internationaux. La Transylvanie croque sa part avec son Dracula, tandis que les hôtels parisiens n'ont qu'à offrir les oreillers sur lesquels ont reposé les grands écrivains romantiques. Et si l'on n'a pas les moyens de voyager, on peut toujours s'évader avec les livres.

 

Ci-dessous, un exemple de spot publicitaire inscrit dans la campagne :