Combattant politique et communiste : Aragon, l'honneur du PCF

Clément Solym - 22.10.2012

Edition - Société - Louis Aragon - communisme - PCF


C'est à l'âge de 85 ans, que le poète et écrivain Louis Aragon quittait la scène, abandonnant le masque blanc avec lequel il finit par se présenter sur les plateaux de télévision. L'homme dont les poèmes servirent tous les chanteurs des années passées, sera mis à l'honneur, le 24 décembre prochain, dans une célébration des 30 ans de sa disparition. 

 

 

 

 

Quelques semaines après le jour des Trépassés, comme le proposait Desproges, le Parti Communiste Français, à qui le poète a su rendre de fiers services, en défendant l'indéfendable, invite donc la France à déposer une gerbe sur la tombe du poète. La chose est intéressante, et probablement que les moins de 20 ans ne le comprennent pas, mais que ceux qui ne voient pas le rapport entre Aragon et le PCF nous écrivent, ils gagneront deux bilboquets. Si, si. 

 

Pour le PCF, l'oeuvre de l'écrivain est donc immortelle, « et le combattant politique continue à nous parler, échappant au fil du temps et à l'oubli ». Ainsi, ce géant de la littérature française, qui avait si bien su se dédouaner de ses opinions politiques en les rejetant sur Elsa Triolet (cf Le roman inachevé), aura droit à un hommage vibrant. 

 

« Pendant un mois, au siège du conseil national du PCF se succéderont des expositions (celles de Mac/Val et « 56 rue de Varennes »), des spectacles musicaux et poétiques, des lectures de textes et des cartes blanches. Parmi les personnes invitées : Roland Leroy, Jean d'Ormesson, Olivier Barbarant, Jean Ristat, Josyane Savigneau, Pierre Juquin, Bernard Vasseur, Valère Staraselski... », explique le PCF dans un communiqué. 

 

Ce mercredi 24, à 15h, directement au siège du parti communiste, place du Colonel Fabien, une conférence de presse présentant les différentes manifestations se tiendra « avec la participation de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, de Jack Ralite, ancien ministre et d'Alain Hayot, délégué national du PCF à la culture ». Ce sera également l'occasion de présenter le livre Aragon d'hier à Aujourd'hui, qui est publié aux Editions Arcane 17, avec une préface signée Pierre Laurent. Le livre reprend des hommages prononcés dans la maison de Jean Vilar cet été en Avignon par Jack Ralite, et Olivier Barbarant.

 

Le rouge et le noir et le blanc et le rouge

 

Le poète, qui comme le dit le poète, a toujours raison, fameux syllogisme, s'est dernièrement fait remarquer alors que son exécuteur testamentaire portait plainte contre Arnaud Montebourg. Ce dernier avait décidé de créer en février 2012 une association baptisée La Rose et le Réséda, qui fit vrombir de colère Jean Ristant, ledit exécuteur des hautes oeuvres poétiques. . « Il est scandaleux de déposer ce nom comme celui d'une marque du type Coca-Cola », expliquait-il alors même que l'homme politique n'avait pas déposé de marque ni revendiqué ce nom pour autre chose qu'un mouvement politique.

 

Difficile de croire à la violation du droit d'auteur, dont pourtant l'éditeur Robert Laffont se faisait fort de convaincre le tribunal, suite à une assignation de l'association de Montebourg

 

Pour mémoire, ce même Jean Ristat avait eu un entretien avec Louis Aragon, qui lui avait alors causé de communisme. C'est-à-dire qu'avec 51 ans de présence dans le parti communiste. On comprendra alors, et peut-être que pour publier quelques poèmes dans l'Humanité, Aragon acceptât de s'encarter... quitte à passer sous silence les exactions staliniennes. Qui ne valurent, elles, pas un poème, mais tout un chant....