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Comme François Hollande, Boris Johnson critiqué pour un livre

Elodie Pinguet - 23.12.2016

Edition - Justice - Boris Johnson livre - Winston Churchill - éditions stock


Le secrétaire britannique des affaires étrangères, Boris Johnson, aurait transgressé le code de conduite ministériel lors d’un voyage en Serbie. Il aurait en effet profité de ce déplacement pour faire la promotion de son livre, The Churchill Factor.

 

 

 

C’est ce qu’on appelle faire d’une pierre deux coups. Au lancement de l’affaire, il y a un classique voyage diplomatique en Serbie, en novembre, pour le secrétaire des affaires étrangères britannique Boris Johnson. C’est sur place que tout dérape : selon des révélations, l’homme, en visite dans une libraire à Belgrade, aurait signé quelques exemplaires de son livre The Churchill Factor. Une publicité pour le livre se trouvait également dans le quotidien Danas.

 

Andrew Gwynne, membre du parti travailliste, a contacté le Premier ministre, le chef de la fonction publique ainsi que le chef de l’éthique du Cabinet Office pour leur annoncer que Boris Johnson avait très certainement violé le code de conduite ministériel. En effet, selon ce dernier, les ministres doivent faire attention « qu’aucun conflit ne surgisse ou ne semble apparaître entre leurs devoirs publics et leurs intérêts privés ». Andrew Gwynne souhaite donc que l’affaire soit étudiée pour en rétablir la vérité.

 

D’après le Foreign Office, Boris Johnson « a été invité à parler de la liberté de la presse à la plus ancienne librairie connue à Belgrade. Le magasin a choisi de l’accueillir en mettant quelques-uns de ses livres en exposition et certains habitants locaux lui ont demandé de signer leurs livres ». Il s’agirait donc là d’un simple concours de circonstances. Un porte-parole du secrétaire d’État assure qu’une demande très claire avait été faite à la librairie, précisant que « nous avons déjà dit que ce n’était pas un événement promotionnel ».

 

En revanche, cette affaire en a fait émerger une autre. Lors d’un second voyage diplomatique, au Pakistan, Johnson aurait une nouvelle fois été vu, son livre signé à la main. Pour Clive Lewis, secrétaire d’État du Cabinet Fantôme, sa conduite « a soulevé des questions sur sa capacité à représenter la Grande-Bretagne à l’échelle internationale, sans parler de tenir le poste de secrétaire des affaires étrangères ». Il appuie les propos de son collègue Andrew Gwynne afin qu’une enquête soit ouverte.

 

Boris Johnson est devenu le secrétaire d’État des Affaires étrangères en juillet dernier. Son livre The Churchill Factor présente une biographie du Premier ministre Winston Churchill pendant la guerre. Il est paru en 2014. Chez nous, le livre est publié depuis 2015 aux éditions Stock sous le titre Winston : comment un seul homme a fait l’histoire.

 

Ce début de scandale politique n’est pas sans rappeler l’affaire autour du président François Hollande et ses confidences dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça. Publié également aux éditions Stock, l’actuel président de la République y énonce des propos peu élogieux sur Nicolas Sarkozy, ainsi que des informations qui auraient dû rester secrètes. Une proposition de destitution avait été déposée par le Parlement, en « raison du manquement manifestement incompatible avec l’exercice de ses fonctions que constituent ses confidences concernant la défense nationale ». 

 

Via The Guardian