Comment Christine Angot a changé François Fillon en victime expiatoire

Nicolas Gary - 24.03.2017

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On sait que naturellement que François Fillon n’est pas vraiment son chouchou. Alors quand Christine Angot débarque sur le plateau de L’émission politique, pour interpeller le candidat, venu avec sa batterie de casseroles, on s’attend à des étincelles. « Vous ne vous êtes pas retiré... Vous êtes là. » Ça démarrait bien.

 

 

 

Arrivée avec ses feuilles en main, la romancière s’est lancée dans une lecture à charge. Et de revenir sur l’affaire des costumes, sur le salaire exorbitant perçu par l’épouse, Penelope Fillon pour un emploi possiblement fictif à La Revue des Deux Mondes. « C’est choquant. La Revue Des Deux Mondes, c’était tout un symbole, c’était un lieu à part, dédié à la littérature. L’idée qu’il y ait des choses qui ne s’achètent pas, l’idée qu’il y ait des choses qui comptent plus que l’argent. »

 

Christine Angot continue d’appuyer là où ça fait mal, avec les emplois d’attachés parlementaires de ses enfants, mais également de l’épouse du candidat. David Pujadas tente d’intervenir, pour proposer la réponse de François Fillon. « Non », rétorque illico Angot. « Ce n’est pas un dialogue », assure-t-elle, avant de poursuivre son réquisitoire.

 

« Si vous vous étiez retiré, dans l’hypothèse d’un deuxième tour Les Républicains/Le Pen, on aurait voté pour Les Républicains, sans problème, sans se sentir complice de quoi que ce soit », embraye Angot.

 

Sauf que la défense de Fillon est rodée : « Ce n’est pas parce qu’un journal a décidé de m’accuser que je suis coupable, madame. » Et pour clore le débat, concernant les fameux costumes offerts par Robert Bourgi, d’une valeur de 13.000 €, il assure les avoir rendus.

 

Face aux “seconds couteaux”, Christine Angot en appelle à François Hollande 

 

La virevolte suprême du candidat lui permettra de s’en sortir brillamment – on se demande d’ailleurs quelle drôle d’idée a pu passer par la tête de France 2 en invitant la romancière, sinon celle de permettre à François Fillon de s’en sortir avec les honneurs...

 

« Nous sommes tous les deux, ici, à être mis en examen », réplique-t-il en effet, allusion à la plainte pour diffamation publique portée contre l’auteure. Et avec un sourire narquois, François Fillon reste impassible, répondant avec calme à la romancière qui tente, encore, et encore, de faire passer son message.

 

« On marche comme ça, sur la vie d’un homme, sur trente années de vie publique, sans vergogne, sans le moindre doute », et d’interroger Christine Angot : n’a-t-elle pas eu le moindre doute quant à la culpabilité de François Fillon ? Le coup porté fait mouche, silence.

 

Angot quittera le plateau, assurant qu'on l'avait invitée pour dire tout haut ce que David Pujadas ne pouvait pas assumer. Sidérant.