Comment penser en homme de Neandertal ?

Clément Solym - 28.12.2011

Edition - Société - Homme de Neandertal - Homo Sapiens - Thomas Wynn


Il s'agit du titre d'une étude portée par deux universitaires américains qui se sont penchés sur le mode de pensée de cet être hybride entre l'homme des cavernes et l'humain actuel.

L'homme  de Neandertal est considéré par le Larousse comme une espèce d'homme différente de l'homme moderne.


Session de rattrapage : issus d'un ancêtre commun, notre ancêtre, l'homo sapiens, et l'homme de Neandertal, apparu il y 200.000 ans, diffèrent en bien des points. Plus trapu, résistant et doué manuellement que l'homo sapiens, Neandertal est longtemps apparu comme une sous-espèce de l'homme car moins intelligent. Comme le démontre aujourd'hui l'utilisation du terme : « Espèce d'homme de Neandertal ! » n'est pas une charmante invitation à venir partager un thé dans un coffee shop d'Amsterdam mais une remarque sur le manque d'esprit de quelqu'un.

 

Mais les deux auteurs, Thomas Wynn et Frederick L. Coolidge, ne se sont pas arrêtés à la simple description de Neandertal, ils ont entrepris une véritable réflexion autour de ses pensées.

 

L'anthropologue et le psychologue supposent qu'il était emphatique, attaché à la famille, physiquement fort et doté de remarquables capacités mécaniques. Ce sont les points positifs. Les négatifs, ils le décrivent comme xénophobe, peu créatif, et éventuellement, si la faim se fait ressentir, cannibale.

 

 

 

 

Au détour d'un paragraphe, ils jettent un pavé dans la mare et mettent à mal la théorie selon laquelle l'homme de Neandertal serait à l'origine des sépultures funéraires. Bien qu'ils concèdent que « Neandertal croyait peut-être réellement qu'une part de l'individu restait après sa mort », ils suggèrent qu'il se débarrassait des corps davantage pour des raisons plus prosaïques que spirituelles : le désir de ne pas avoir un cadavre devant son chez-lui primait sur l'aspect mystique.

 

Mais la difficulté de répondre à des questions psychologiques sur une espèce qui n'a pratiquement rien laissé de remarquable derrière elle reste entière. Certains questionnements demeurent sans réponse : est-ce que Neandertal faisait des blagues ? Souffrait de problèmes mentaux ? Rêvait ?

 

Le dernier chapitre concerne une expérience fictive d'échange de bébé à la naissance. Il en résulte qu'en aucun cas un enfant d'Homo Sapiens ne pourra survivre chez Neandertal. Sa plus grande intelligence ne lui sera d'aucune utilité face à un mammouth enragé. Pendant ce temps de l'autre côté, l'enfant Neandertal aura certes quelques difficultés, notamment au niveau du langage, mais sera parfaitement capable de s'adapter à condition de lui attribuer des travaux manuels.

 

Seulement le début d'une période glaciaire il y a 30.000 ans a poussé Neandertal à se déplacer, ce qui a causé sa perte. L'Homo Sapiens avait le don de l'innovation, et ça, ça s'est avéré décisif.