“Comment résister à un tel bonheur ?” (Laure Leroy, éditions Zulma)

Auteur invité - 02.10.2018

Edition - Société - éditions Zulma éditrice - Laure Leroy Zulma - Pram Buru Quartet


Littératures du monde entier : tel est le credo des éditions Zulma qui allient exigence esthétique et goût du romanesque revendiqué. Des défricheuses inspirées qui confirment que la curiosité est une qualité. Laure Leroy est éditrice et directrice générale des éditions Zulma. Elle nous parle de Pram et du travail inédit mené autour de sa saga. 

 


photos © Patrice Normand
 

 

Initiales : Quand et dans quelles conditions le Buru Quartet a-t-il été écrit ?


Laure Leroy : C’est au cours de ses années passées en détention (entre 1969 et 1979) dans l’effroyable colonie pénitentiaire de l’île de Buru que Pramoedya Ananta Toer a entrepris de raconter à ses codétenus l’immense saga que constitue aujourd’hui le Buru Quartet

 

Le monde de Pram : À la découverte du Buru Quartet 
 

Mais c’est seulement à partir de 1975, toujours depuis sa prison, qu’il put enfin coucher cette histoire sur papier, ses codétenus prenant en charge sa part de corvées collectives. Il travaillait, dit-on, sur une machine à écrire offerte par Jean-Paul Sartre. 
 

Jusqu’à présent, seul le premier tome du Quartet avait été édité en France. Qu’est-ce qui a motivé la maison d’édition Zulma à se lancer dans une telle aventure ? 


Laure Leroy : J’ai découvert l’œuvre de Pramoedya Ananta Toer il y a des années déjà, mais après sa mort, en 2006, la situation de ses droits était assez compliquée. Fin 2014, j’ai enfin pu nouer contact avec ses ayants droit, grâce à l’agence littéraire Astier-Pécher. Et un bonheur n’arrivant jamais seul, j’ai également découvert que Dominique Vitalyos, excellente traductrice de l’anglais, mais surtout du malayalam et accessoirement du tamoul, maîtrisait aussi parfaitement l’indonésien.

Quand j’ai entrepris la lecture du Buru Quartet (en anglais, d’abord), j’avais l’impression, chaque soir, de retrouver un ami très cher, Pramoedya lui-même, qui me racontait cette histoire, et Minke, bien sûr, le héros de la tétralogie. Une véritable plongée dans un monde vivant, vibrant, la rencontre d’une voix unique, très proche, la découverte d’un moment de l’histoire de l’Indonésie dont j’ignorais tout, un regard sur le monde, tellement actuel, et en même temps un vrai roman-feuilleton, plein de rebondissements. 
 

Design de couverture :
“Le livre est sa première publicité”

 

Se lancer dans la publication d’une tétralogie, plus de deux mille pages en quatre volumes, c’est évidemment un pari audacieux. Mais comment résister à un tel bonheur ? 
 

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans ces quatre livres ? Que diriez-vous aux lecteurs pour qu’ils s’embarquent dans cette lecture ?


Laure Leroy : C’est une possibilité finalement offerte aux lecteurs français de découvrir un immense écrivain : le plus emblématique de toute la littérature indonésienne. On y suit le cheminement de Minke, jeune journaliste brillant, dans la jungle du système colonial hollandais au tout début du XXe siècle, et à travers sa prise de conscience personnelle, la naissance de l’idée de nation.

Le tout écrit sur un ton très personnel, avec tous les ressorts du roman-feuilleton, et de magnifiques personnages. 



 


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